Dans la tourmente, Jean-Luc Mélenchon accuse les médias d’un « coup monté »

Soupçons de surfacturation de ses comptes de campagne, média fondé par plusieurs de ses proches qui traverse une crise interne, positionnement politique débattu... Confronté à ces difficultés, le leader de la France Insoumise réagit avec virulence.

Jean-Luc Mélenchon est bien arrivé lundi soir en Guyane. Le leader de la France Insoumise, parti soutenir le candidat Davy Rimane pour la législative partielle qui se tiendra le week-end prochain, s’échappe pour quelques jours du “bain de boue”, tel qu’il qualifie l’actualité en métropole.

A peine arrivé en Guyane, il a publié une note de blog d’une rare violence contre les médias, qu’il accuse de le “haïr” et d’être “les ennemis de la liberté d’expression”. L’objet de son courroux ? Les révélations de France Info parues jeudi 22 février sur des soupçons de surfacturation pendant la dernière campagne présidentielle. Des structures dirigées par des proches de Jean-Luc Mélenchon auraient facturé un prix trop élevé pour les services proposés, avant d’être remboursées par l’Etat. Le leader de LFI n’y voit qu’ ”un coup monté” par “une équipe de bras cassés, une sorte de CIA médiatique”.

Crise interne au “Media”

Ces informations n’ont pas été traitées dans le journal quotidien de “le Média”, la webtélé fondée par des proches de Jean-Luc Mélenchon et qui vient de perdre deux de ses membres les plus mis en avant. L’ancienne présentatrice et rédactrice en chef, Aude Rossigneux, tête de gondole journalistique du Media, explique avoir été licenciée avec “brutalité” tandis que les dirigeants du Média estiment que sa période d’essai n’a simplement pas été reconduite. L’ancien journaliste et le député écologiste Noël Mamère, qui animait une interview hebdomadaire, a souhaité mettre un terme à sa participation à cause d’une “atmosphère” qu’il déplore et de désaccords éditoriaux sur le traitement des bombardements de la zone rebelle de la Ghouta, en Syrie.

Un coup dur pour le Média, parfois accusé d’être un média pro-Mélenchon — sa dirigeante n’est autre que son ancienne directrice de la communication, Sophia Chikirou.

Une ligne politique en débat

Sur le positionnement politique, la députée LFI Clémentine Autain s’est démarquée de la stratégie d’isolement au sein de la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon. Dans une interview parue dans l’hebdomadaire Politis le 7 février dernier, elle expliquait que “LFI est une force vivante et non une secte” et qu’il fallait “réfléchir à comment faire vivre le pluralisme en interne”. Alors que Jean-Luc Mélenchon n’a jamais souhaité passé d’accord avec le Parti communiste, la députée juge à l’inverse que “la discussion stratégique doit être menée avec le PCF mais sans humilier ou mépriser “. D’après Le Monde, les seize autres députés LFI ont condamné cette démarche dans leur fil de discussion commun sur Telegram.

La prochaine bataille sur la réforme de la SNCF pourrait être un moyen pour les députés de La France Insoumise, dont Jean-Luc Mélenchon, de se ressouder. Alors que les syndicats, qui se réunissent ce mardi soir, menacent d’une grève illimitée à partir du 22 mars, le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière a expliqué dimanche 25 février sur LCI que LFI sera dans la rue “aux côtés” des cheminots.

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