En sursis, les centrales à charbon aident à passer l’hiver

Les centrales à charbon doivent disparaître d'ici 5 ans. La vague de froid vient rappeler que nous en sommes encore dépendants durant les pics de consommation.

Emmanuel Macron veut fermer les 5 dernières centrales à charbon françaises avant la fin de son quinquennat. Mais en attendant, ces centrales sont réactivées pour faire face au pic de consommation lié à la vague de froid. Le parc charbon (3 GW) représente ainsi 3% de notre consommation électrique annuelle et 1,4% de notre mix électrique.

Depuis lundi, les deux tranches charbon (600 MW) et la tranche fioul (700 MW) de la centrale EDF de Cordemais, en Loire‐Atlantique, tournent à nouveau. « Réseau de transport d’électricité (RTE) nous a demandé de relancer nos trois tranches pour faire face au pic de consommation d’électricité lié à la vague de froid », indique à Presse Océan la direction de la centrale. Le site de Cordemais (411 salariés) produit l’équivalent de 25% de la consommation annuelle de la région Pays de la Loire et compte parmi les plus grand complexe thermiques d’Europe.

Durant les pics de consommation hivernaux et autres pointes, les 3 autres centrales sont également mises à contribution. Il s’agit de la centrale EDF du Havre en Seine‐Maritime (250 salariés) et des deux centrales de l’Allemand Uniper, à Saint‐Avold en Moselle (600 MW,150 salariés) et Gardanne dans les Bouches‐du‐Rhône (600 MW,180 salariés).

Des centrales en reconversion

Les exploitants des dernières centrales thermiques savent leurs jours comptés. Plusieurs processus de reconversion sont en cours. Au Havre, l’unité 4 s’est équipée de systèmes de traitement des fumées. Gardanne a entamé une reconversion, très critiquée, en une centrale à bois géante de 150 MW. Le tribunal administratif de Marseille a annulé en juin dernier l’autorisation d’exploitation, mais la production d’énergie se poursuit néanmoins, tandis qu’Uniper fait appel de la décision. A Cordemais, la reconversion en biomasse se prépare également : la centrale prévoit de fonctionner avec des déchets verts. Un démonstrateur est censé être prêt d’ici cet été.

Accélérer sur les énergies renouvelables

Pour se passer des centrales à charbon durant les pics, et notamment les vagues de froid, la France doit continuer à développer les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique ou encore l’effacement. Pour rappel, la programmation pluriannuelle de l’énergie fixe les objectifs suivants :  d’ici décembre 2018,15 000 MW de nouvelles capacités dans l’éolien terrestre, 10 200 MW dans le solaire, 25 300 MW dans l’hydroélectricité (dont énergie marémotrice), 500 MW dans l’éolien offshore, 540 MW dans le bois‐énergie, 137 MW dans la méthanisation et 8 MW en géothermie.

A la marge, la France peut aussi continuer à importer de l’électricité depuis les réseaux allemands, belges ou autres grâce aux interconnexions. C’est pourquoi le bilan carbone tricolore doit aussi être jugé au regard du mix des pays exportateurs… Par exemple, en Allemagne le charbon représente environ 40% du mix énergétique.