Syrie : à la Ghouta orientale, l’impossible trêve

La trêve humanitaire, décrétée unilatéralement par la Russie, dans la Ghouta orientale - cette enclave rebelle assiégée par le régime syrien - a échoué dès sa mise en place mardi 27 février.

Cinq petites heures qui n’auront pas suffi. Dans l’enclave contrôlée par les rebelles dans la Ghouta orientale, les bombardements du régime syrien ont repris mardi 28 février, en dépit d’une trêve humanitaire décrétée unilatéralement la veille,par la Russie, allié de Bachar al‐Assad.

Après plus d’une semaine de bombardements dévastateurs et meurtriers dans la Ghouta orientale, les combats devaient cesser de 9h à 14h pour permettre l’entrée de l’aide humanitaire ou la sortie des habitants de l’enclave.

Un échec, puisque rebelles et régime se sont accusés mutuellement de l’avoir violée. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, « obus, bombes et barils d’explosifs ont été déversés sur l’enclave rebelle ». De l’autre côté, le général russe Viktor Pankov a affirmé à l’agence d’information de l’Etat russe, Tass, que les résidents n’avaient pas pu quitter l’enclave à cause de la chute de roquettes tirées par les rebelles.

Avant même sa mise en place, l’ONU et les associations humanitaires avaient critiqué cette trêve, arguant qu’elle ne garantissait pas la sécurité des dizaines de milliers d’habitants de l’enclave. Aucun civil n’a franchi la zone, de peur d’être arrêté et interrogé par le régime syrien après avoir vécu des années dans une zone contrôlée par des rebelles, ont expliqué les habitants.

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« Les gens ne quittent pas la zone, parce qu’ils n’ont aucune confiance dans les gouvernements russe et syrien » a expliqué Firas Abdullah, un militant de l’opposition habitant à Douma, l’une des plus grandes villes de la zone assiégée.

Pour les associations, seule une trêve négociée et décidée conjointement par les deux parties pourraient permettre l’instauration d’un véritable corridor humanitaire. Le directeur régional de la Croix‐Rouge a, quant à lui, estimé qu’il était impossible d’envoyer un convoi humanitaire en cinq heures.

Depuis l’intensification des bombardements la semaine dernière, plus de 500 personnes ont été tuées dans cette enclave, où vivent dans des conditions dramatiques près de 400 000 personnes.

Avec AP