Jean‐Pierre Raffarin s’inquiète de la «dérive brutale» de Laurent Wauquiez

Mercredi, au micro de RTL, l’ancien Premier ministre a exprimé ses préoccupations sur les récents propos polémiques de Laurent Wauquiez et sur la ligne de sa famille politique en vue des européennes.

« Ce bavardage populiste m’a choqué », a déclaré mercredi Jean‐Pierre Raffarin à propos de la sortie polémique de Laurent Wauquiez, la semaine dernière. Alors que le président des Républicains tente de se refaire une santé en déambulant au Salon de l’Agriculture durant deux jours, refusant de répondre aux attaques d’Alain Juppé qui pointe l’« extrême vulgarité » de ses propos, c’est au tour de l’ancien Premier ministre de dire le fond de sa pensée.

Au micro d’Elisabeth Martichoux, sur RTL, Jean‐Pierre Raffarin a avoué n’avoir « pas vraiment » apprécié l’enregistrement du président des Républicains à l’EM Lyon, dans lequel il affirme notamment que Nicolas Sarkozy mettait sur écoute son gouvernement, qu’Alain Juppé a « cramé la caisse » à Bordeaux ou que la France est une « totale dictature » avec « les guignols d’En Marche ».

« C’est un amalgame entre des mots grossiers, des idées simplistes et des attaques personnelles, a tancé l’ancien ministre  du gouvernement Juppé sur RTL. Je partage ce que dit Alain Juppé sur ces sujets. J’appelle Laurent Wauquiez à plus de sagesse, plus de calme. C’est une faute de comportement, d’attitude. » Comme Nicolas Sarkozy qui, selon le Canard Enchaîné de mercredi dernier, invitait Laurent Wauquiez à revoir ses ambitions présidentielles, Jean‐Pierre Raffarin s’est insurgé : « Un chef de l’Etat, ça se respecte ! On peut contester sa politique, mais on doit respecter la fonction à laquelle on prétend ».

Après 26 départs de cadres LR depuis l’élection de Laurent Wauquiez, le président de la Fondation Leader pour la paix s’est également montré préoccupé par la ligne qui se dessine à la tête du parti. Rappelant l’identité libérale et européenne de la droite, l’ex-Premier ministre a alerté sur la « dérive de brutalité » de Laurent Wauquiez, qui ne doit pas devenir une « brutalité politique ». « Je reste dans ma famille parce que je souhaite que ma famille reste libérale et européenne. Si Les Républicains s’engageaient dans une voie souverainiste, populiste, qui tourne le dos à l’Europe, il est clair que nous nous engagerons sur une ligne plus centrale. » En d’autres termes, si le parti de droite « se ferme », Jean‐Pierre Raffarin ira « ailleurs ».