[SPOILER] On a vu “La Ch’tite famille”

La Ch'tite famille, le dernier film réalisé par Dany Boon, est sorti le 28 février au cinéma. Dix ans après Bienvenue chez les Ch'tis, l'acteur-réalisateur dépeint une nouvelle fois ses origines nordistes. Voici la critique des Ateliers du CFJ et attention... spoilers !

  • Le résumé

Valentin D. (Dany Boon) et sa femme (Laurence Arné) sont deux architectes mondialement connus. Ils représentent les bobos parisiens par excellence. Dans le monde — violent — de la mode, Valentin D. se fait passer pour orphelin pour cacher ses origines ch’tis. Un subterfuge qui fonctionne jusqu’au jour où toute sa famille décide de débarquer dans la capitale… Et comme si cela ne suffisait pas, Valentin D., suite à un coma provoqué par un accident, se réveille amnésique et avec l’accent ch’ti ! Pauvre biloute !

  • Les plus :

Si vous voulez réfléchir à votre manière d’appréhender le monde en allant voir La Ch’tite famille, c’est loupé ! Si vous voulez arrêter de réfléchir à votre manière d’appréhender le monde en allant voir La Ch’tite famille, foncez ! Le film divertit, indéniablement, et on ne lui en demande pas plus. Dès les premières minutes, Louloute (Valérie Bonneton) et Gus (Guy Lecluyse) donnent le ton avec leur accent ch’ti et en faisant les boubourses (“idiots” dans le patois local). Certains riront à toutes les répliques, d’autres pas du tout. Les deux leviers humoristiques principaux sont l’accent du Nord et la critique du monde de l’art.

Tout au long du film, on retrouve des personnages claudicants qui se plaignent de leur nerf sciatique. La raison ? Les chaises à trois pieds créées par le couple d’architectes. Elles provoquent systématiquement la chute de ceux qui les utilisent. Une manière pour Dany Boon de moquer le monde de l’art et en l’occurrence de l’architecture. Les chaises en question sont “design” mais inutilisables ! Idem pour la table monolithe ! Un gros bloc de pierre rectangulaire autour duquel on ne peut pas s’assoir… La critique n’est pas très fine mais elle a le mérite d’exister.

  • Les moins :

Côté négatif, les clichés que véhicule le film sur les ch’tis. L’accent n’aide pas mais même dans le fond, les acteurs qui interprètent les nordistes jouent le rôle d’idiots. Et comme si cela ne suffisait pas, les benêts du Nord sont en plus précaires. La famille de Valentin D. vit au bout d’une route en terre, dans une petite maison sans prétention et placée devant une casse. Pour résumer la vision donnée des ch’tis, on pourrait dire qu’ils sont bêtes, pauvres mais généreux ! Les protagonistes le rappellent à plusieurs reprises avec des phrases comme : “Ton frère il a peut‐être rien, mais il est généreux” (celle‐là est de la mère de Valentin, interprétée par Line Renaud).

Autre point négatif, le scénario. Simpliste, il s’appuie sur deux ressorts principaux : le décalage entre deux mondes d’une part — les ch’tis et les bobos parisiens — et d’autre part l’amnésie d’un des protagonistes. Cela donne un film sans surprise dont on devine l’issue finale aisément. Tout est bien qui finit bien !

  • La note : 2/5

Pour résumer, La Ch’tite famille est un divertissement sans prétention. Certains y trouveront leur compte au niveau de l’humour. Pourtant, l’un des leviers humoristiques est recyclé par Dany Boon. Bienvenue chez les Ch’tis jouait déjà sur l’accent de certaines personnes dans le Nord.