Alcool : trois idées reçues qui nuisent à la santé

Trois médecins de santé publique appellent les politiques publiques à "prendre en considération leur impact sur la santé des Français", dans une tribune au Monde. Retour sur les trois idées reçues sur l'alcool, qui compromettent la santé des consommateurs.

Emmanuel Macron ne compte pas durcir la loi Evin. “N’emmerdez pas les Français avec ça”, a‐t‐il déclaré en préambule du salon de l’agriculture, jeudi 22 février. Trois scientifiques critiquent l’attitude du chef de l’Etat face à l’alcool dans une tribune au Monde : “il résume le fléau de l’alcoolisme aux alcoolisations rapides des jeunes, il en exempte le vin.

1. Le vin rouge est‐il bon pour la santé ? Non.

Disons que de tous les alcools, c’est le moins pire. Le vin rouge améliore la fonction du tissu endothélial qui recouvre la paroi interne du coeur et des vaisseaux sanguins. Il permet donc un plus grand flux dans les artères, sans en modifier les capacités coagulantes. Mais ces bienfaits ne s’observent qu’en dessous d’un verre et demi par jour… Au‐delà de cette quantité, les effets s’inversent.

2. Boire beaucoup d’un coup est‐il plus grave que de boire souvent modérément ? Non.

Les risques liés à la consommation d’alcool, pour la santé, au cours de la vie, augmentent avec la quantité consommée au total. C’est à dire que la consommation d’une grosse quantité d’alcool tous les samedis soirs, par exemple, présente les mêmes risques pour la santé que la consommation quotidienne d’une petite quantité d’alcool. Dans les deux cas, à long terme, de nombreuses maladies, parfois graves voire mortelles apparaissent, comme la cirrhose du foie, certains cancers dont ceux de la bouche, de la gorge, du foie et du sein et certaines maladies cardiovasculaires.

3. Les “softs” sont‐ils moins dangereux que les “hards” ? Non.

Ce qui est dangereux dans l’alcool, c’est l’alcool. Connu sous son nom scientifique d’éthanol, on retrouve cette substance dans les dissolvants, les désinfectants, les parfums et certains biocarburants (bioéthanol). Et en fait, un verre standard contient 10 grammes d’alcool pur, quel que soit le type de boisson alcoolisée (vin, bière ou spiritueux).

(1) Avis d’experts rendu en mai 2017, suite à la saisine de Santé publique France et de l’Institut national du cancer (INCa) par la Mission Interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) et la Direction Générale de la Santé du Ministère de la Santé (DGS), le 21 juin 2016.

 

Il n’existe pas de seuil clair de consommation qui permettrait à coup sûr de limiter les risques pour la santé tout au long de la vie. Toutefois, un avis d’experts de Santé publique France et de l’Inca a tenté de définir des risques acceptables et propose une valeur repère unique pour les deux sexes, exprimée sous la forme d’un nombre de verres standard de : 10 verres standard par semaine et pas plus de 2 verres standard par jour.

Il est recommandé par les experts de Santé publique France de :
- réduire la quantité totale d’alcool bue à chaque occasion de consommation 
- boire lentement, en mangeant et en alternant avec de l’eau 
- éviter les lieux et les activités à risque 
- s'assurer de pouvoir rentrer chez soi en toute sécurité