Automobilistes bloqués sur l’A9 : ce qui n’a pas fonctionné

Des centaines d'automobilistes sont restés coincés sur l'autoroute A9 dans l'Hérault à cause de la neige. Sur les réseaux sociaux, ils accusent les autorités d'avoir tardé à réagir.

Ils ont passé plus de 20 heures dans leur voiture. Bloqués par la neige sur l’autoroute A9 dans l’Hérault dans la nuit de mercredi à jeudi 1er mars, des automobilistes ont raconté leur nuit de galère sur les réseaux sociaux. Ils accusent les autorités et les sociétés d’autoroutes de ne pas être intervenus assez vite pour les aider et d’avoir tardé à interdire la circulation des poids lourds.

Selon la préfecture du département, quelque 1 000 “naufragés de la route” ont été hébergés dans 25 centres ouverts pour les accueillir. En tout, 2 000 véhicules sont restés embourbés sur l’autoroute A9.

Sur Twitter, le journaliste Anthony Jammot a raconté sa nuit de “cauchemar” passée aux alentours de Montpellier avec ses deux bambins de deux et quatre ans. “Mes enfants se réveillent et se demandent pourquoi on est toujours là, a‐t‐il déploré jeudi matin. Ils sont complètement déboussolés et paniqués. Ils ont mal au cou et aux jambes. C’est déjà pénible pour un adulte mais à 2 et 4 ans c’est un vrai cauchemar.”

 

Les usagers accusés d’imprudence

Dans les commentaires, certains utilisateurs de Twitter ont accusé l’automobiliste de s’être engagé sur la route alors qu’il connaissait les risques liés à la météo. Le département était en vigilance orange pour neige et verglas dès mercredi matin, avant d’être placé en vigilance rouge dans la soirée.

D’autres automobilistes disent s’être fiés aux annonces faites par les médias. “A la radio, sur 107.7, ils nous disaient que l’A9 roulait, mais en fait, c’était le piège total”, explique Olivier Auradou, journaliste à La Dépêche du midi, et qui est resté bloqué sur l’A9 pendant la nuit. Plusieurs camions se sont retrouvés “en portefeuille au milieu de la route”.

La présence des camions pose question

Pour le journaliste, c’est l’attitude des chauffeurs routiers qui a provoqué les blocages. “Ils n’ont pas le droit de rouler depuis hier 10 heures du matin normalement, et pourtant ils ne s’arrêtent pas, pire, ils te doublent, ils sont irresponsables”, accuse‐t‐il, dans des propos rapportés par La Dépêche.

L’arrêté de la préfecture interdisait la circulation des poids lourds sur cette voie à partir de 17h00, mercredi, et non 10h00. Fallait‐il alors empêcher les camions de s’introduire sur la route dès le matin, alors que les flocons tombaient ? Contacté par les Ateliers du CFJ, la préfecture de l’Hérault s’est refusée à tout commentaire sur ce point et renvoie à une prochaine communication du préfet, dont la date n’était pas encore connue jeudi à midi.

Jeudi matin, les camions étaient en cours d’évacuation, selon un communiqué de la société d’autoroute Vinci, qui n’a pas donné suite à nos sollicitations.