Environnement : que sont les «obligations vertes» ?

La Belgique est devenu le deuxième pays de la zone euro à émettre une obligation verte, après la France en 2017. CFJ News vous explique comment fonctionnent ces "green bonds".

Nos voisins belges ont émis lundi 26 février leur première obligation verte — ‘green bond” -, pour un montant de 4,5 milliards d’euros. Un tel green bond permet à un État d’emprunter auprès d’investisseurs pour ensuite financer des projets écologiques dans différents domaines : efficacité énergétique, énergies renouvelables, transports moins polluants, etc. Du moins en théorie.

Le problème, c’est que l’émetteur — Etat, banque de développement, entreprise ou collectivité — n’est soumis à aucune règle contraignante. Et le fléchage des fonds est souvent opaque.

Un manque d’encadrement juridique

Le marché des obligations vertes — qui devrait croître de 30% en 2018 — est finalement peu encadré. Que l’émetteur finance des projets véritablement écologiques ou non ne changera pas grand chose au cours de l’action.  “La rentabilité financière des investissements opérés est le seul véritable critère, explique Maxime Combes, membre d’Attac, dans un rapport sur le sujet. L’ambition écologique de l’obligation est clairement seconde.

La seule façon d’instaurer un autre critère (écologique) serait de créer un contrôle a posteriori et des règles contraignantes, par exemple au niveau européen.

Des projets polluants sont financés

Plusieurs associations, comme Greenpeace ou Attac, accusent Engie, anciennement GDF Suez, d’avoir financé de grands barrages polluants en Amazonie grâce à son green bond émis en 2014. “Déforestation, non‐respect des droits humains, inondations, assèchement de rivières…Les conséquences de ces grands barrages sont dramatiques pour les populations et les écosystèmes locaux”, dénonce Maxime Combes.

En théorie, la liste des projets financés doit être rendue publique mais en pratique, les émetteurs se contentent souvent de dire quelles catégories de projets seront soutenues (“énergies renouvelable”, “efficacité énergétique”, “transports propres”, etc.).

En mai dernier, le pétrolier espagnol Repsol a lui aussi émis un green bond, pour un montant de 500 millions d’euros. Au programme, essentiellement : rendre ses raffineries et usines chimiques moins gourmandes en énergie. Et cela a été certifié conforme. Des greenbond finalement pas si verts.