Visite de Macron aux armées : le temps de la réconciliation

Emmanuel Macron se rend ce jeudi dans deux camps militaires de l'armée de terre, huit mois après la démission de l'ancien chef d’état-major de l'armée de terre Pierre de Villiers.

L’usage veut que durant la première année de son mandat, le chef de l’État rende visite aux trois corps militaires. Emmanuel Macron est attaché à la tradition et il compte bien l’honorer en se rendant ce 1er mars aux camps militaires de Mourmelon et de Suippes, dans la Marne (voir encadré ci‐dessous), après avoir embarqué dans un sous‐marin de la Marine Nationale et avoir rencontré l’armée de l’air en juillet dernier.

Renouer avec la communauté militaire

Cette visite intervient dans un contexte particulier : l’armée française est meurtrie depuis la mort de deux militaires français du 1er régiment de Spahis, tués au Mali le 21 février dernier, et de cinq militaires dans le terrible crash de deux hélicoptères de l’armée de Terre le 2 février dernier dans le Var.

Pour le Président de la République, qui est aussi le chef des armées, cette visite est surtout l’occasion de renouer avec la communauté militaire après la démission fracassante du général Pierre de Villiers du poste de chef d’Etat Major des armées (CEMA), le 20 juillet dernier. L’ancien CEMA était en désaccord avec Emmanuel Macron sur le budget alloué aux armées. Moins de 24 heures après le début de la polémique, le Président de la République s’était rendu sur la base militaire d’Istres, afin de réaffirmer son leadership. Devant la communauté militaire, il avait  déclaré : ” j’ai pris des engagements, je suis votre chef “.

Face aux inquiétudes exprimées depuis cette démission par la communauté militaire, Emmanuel Macron souhaite aujourd’hui mettre en valeur les engagements pris dans le projet de Loi de programmation militaire (LPM) 2019–2025. Cette loi a pour but de répondre à deux exigences majeures : satisfaire et structurer les besoins immédiats des armées. Le budget du ministère des Armées est finalement le seul qui sera augmenté sur l’année 2018 : il atteindra 34,2 milliards d’euros, soit une augmentation de 1,8 milliard d’euros. La LPM prévoit aussi que ce budget soit porté à 50 milliards d’euros en 2025. Les militaires attendent désormais que ces chiffres se concrétisent par de meilleurs conditions de travail sur le terrain.


Un entraînement en condition réelle pour Macron

Inauguré par Napoléon III en 1857, le camp de Châlons, aussi appelé camp de Mourmelon, s’étend sur 10 000 hectares. Après y avoir rendu les honneurs militaires dans la matinée, le président de la République assistera à un exercice militaire grandeur nature au camp de Suippes. Il participera aux manoeuvres d’entraînement en condition réelle et embarquera à bord d’un hélicoptère NH90, accompagné de la ministre des armées Florence Parly et du chef d’Etat-major de l’armée de terre Jean‐Pierre Bosser.

Hélicoptère militaire bi‐turbine NH90.

Après une démonstration de tir en mouvement des nouveaux blindés français, il suivra un exercice de résistance isolée mené par des fantassins, avec l’appui de l’artillerie. Il sera enfin présenté au président les dernières innovations du programme Scorpion, un programme qui doit moderniser les équipements de l’armée pour les 15 prochaines années. Le président de la république pourra ainsi découvrir les nouveaux gilets pare‐balles du “combattant 2020”.