Qui est Jordi Sanchez, le successeur de Puigdemont à la présidence catalane ?

Carles Puigdemont a ouvert la voie au déblocage de la législature catalane en proposant de céder l'investiture au président d'une association indépendantiste, actuellement en prison. Son nom, Jordi Sanchez.

De la cellule à la présidence. Jordi Sanchez, leader de l’Assemblée national catalane (ANC) depuis 2015, a été désigné par le président destitué de la Generalitat de Catalogne, Carles Puigdemont, comme successeur. Il est en détention provisoire pour délit de sédition (trouble à l’ordre public) depuis octobre dernier.

“Il est numéro deux sur notre liste et représente les valeurs de JxCat (“Ensemble pour la Catalogne”, ndlr) comme nul autre. C’est un homme de paix, injustement emprisonné dans une prison espagnole.”,

a déclaré Carles Puigdemont dans une vidéo transmise jeudi 1er mars depuis Bruxelles où il est en exil “provisoire”.

Agitateur de foules

Ex‐journaliste militant, Jordi Sanchez est une figure de la Catalogne indépendantiste depuis 1983, année où il rejoint le mouvement militant La Crida en tant que porte‐parole. Pendant 10 ans, il organise des manifestations pour défendre les droits des hispanophones catalans.

Après la dissolution du mouvement en 1993, il reprend ses activités de journaliste et profite de sa popularité pour se faire élire à la tête de la Corporation des médias audiovisuels catalans. Il y reste jusqu’en 2001, année où il s’engage en politique au sein du Síndic de Greuges, médiateur en Catalogne, en tant que député. 

Il coordonne entre 2004 et 2006 l’élaboration d’un des cinq domaines du “Pacte national pour l’éducation” qui définit les fondations d’un service public de l’éducation. Et en 2008, le “Pacte national pour l’immigration”, pour améliorer l’adaptation des infrastructures publiques.

Il prend la tête de l’ANC en 2015. Le pure‐player libre et indépendant El Espanol parle d’un retour aux origines, “là où tout a commencé”, c’est à dire dans la rue. En tant que président de l’ANC, il met en avant le discours social de l’indépendantisme. 

Depuis la victoire des indépendantistes aux élections régionales du 20 décembre, Carles Puigdemont était le seul candidat à la présidence de l’exécutif régional. Mais il risque d’être arrêté et écroué s’il rentre de Belgique en Espagne.