L’ENS bloquée suite à un « colloque intempestif »

Dans la soirée du mardi 2 mai, l'École Normale Supérieure accueillait une conférence critique de la réforme de l'orientation post-bac. Depuis, le bâtiment de la rue d'Ulm est bloqué par une quarantaine d'étudiants.

La conférence a fini par donner lieu à une occupation. Mercredi 2 mai, plusieurs philosophes étaient en effet réunis dans la prestigieuse École normale supérieure (ENS). Suite à cette réunion, destinée à donner des éléments critiques contre la réforme de l’orientation post-bac, les étudiants ont décidé d’occuper la cantine de l’institution. Le lendemain en fin d’après-midi, ils n’étaient plus qu’une quarantaine. Plusieurs dizaines de CRS étaient présents sur place depuis le début de matinée.

Un « colloque intempestif »

Sur le site paris.demosphere.eu, l’événement du 2 mai était présenté comme un « colloque intempestif ». Il était organisé par le comité de mobilisation de l’ENS et le comité d’initiative d’Île-de-France, deux groupes engagés contre les réformes gouvernementales.

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Les penseurs Frédéric Lordon, Girgio Agamben, Johanna Siméant-Germanos et Antonia Birnbaum figuraient parmi les conférenciers. Des étudiants engagés contre la réforme de l’orientation post-bac, des postiers et cheminots se sont aussi exprimés. Entre 200 et 300 personnes ont assisté à la conférence, selon plusieurs témoins présents sur place.

Des tags relayés sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, des tags sur le monument aux morts ont suscité l’indignation de nombreux internautes. Deux étudiants présents sur place, contactés par Les Ateliers du CFJ, assurent que les dégradations sont « minimes ». Elles se limitent, selon eux, à des « inscriptions sur les murs ».

La revendication : des salles à disposition

Dans l’après-midi du mercredi 3 mai, les bloqueurs continuaient de négocier avec la direction. Leur demande : la mise à disposition de deux dortoirs, dont un non-mixte, ainsi que la cafétéria. Des espaces estimés nécessaires pour coordonner la contestation Les étudiants engagés souhaitent organiser des conférences et des débats sur les réformes en cours. Ils exigent aussi que des étudiants extérieures à l’ENS puissent entrer dans l’institution.

Dans un communiqué de presse, les opposants à la loi Orientation et Réussite des Etudiants affirment : « Performances, colloques et conférences nourriront un joli mois de mai. Différents comités d’organisation tiendront notre ambition. »

Les occupants attendent une réponse de l’administration. Contactée par les Ateliers du CFJ, la direction de l’ENS n’a pas souhaité faire de commentaire sur la situation actuelle.

Des membre du black bloc faisaient partie des bloqueurs. Ils ont tenu à narguer le président Emmanuel Macron, qui a tenté par deux fois d’enter à l’Ecole Normale Supérieure…  Capture d’écran Twitter

Illustration :  Capture d’écran Twitter