De Bordeaux à Rouen, ils préparent « La fête à Macron »

Dans tous les coins de France, des opposants à Emmanuel Macron peaufinent les détails de la manifestation du 5 mai. La bonne humeur est au cœur de ces préparatifs.

« Manif pot‐au‐feu — La fête à Macron — 12h — Opéra. » Les affiches attirent le regard, notamment celui des manifestants qui s’apprêtent à se rendre à Paris samedi 5 mai. Pour lutter contre la politique du gouvernement, militants, syndicalistes et sympathisants s’agitent en coulisses depuis plusieurs jours. Certes, « le pot‐au‐feu n’est pas très approprié à la saison », ironise Danielle Simonnet, oratrice de La France insoumise. Mais cet appel traduit bien l’ambiance conviviale dans laquelle se prépare le rassemblement.

Une organisation très bien rodée

Internet reste l’outil privilégié pour mobiliser à grande échelle. « Les copains, les copines, on a besoin de vous ! L’équipe “accueil et sérénité” recrute. Pas besoins de gros bras, l’idée c’est principalement de filer les infos, de s’assurer que tout se passe bien. » Ce message posté sur le mur de la page Facebook « La Fête à Macron » est révélateur. Adresses, horaires et lieux de rendez‐vous circulent depuis le début de la semaine pour les manifestants désireux de contribuer à leur échelle.

Plusieurs ateliers ont notamment été organisés pour contribuer à la fabrication d’affiches et pancartes. Par ailleurs, des chars défileront. « Sur le char Jupiter, des militants seront déguisés en Emmanuel Macron, précise Lenny Benbara, directeur de la rédaction de gauche Le Vent se lève. Cette manière de défiler a une dimension carnavalesque, il y a une rupture des codes traditionnels du militantisme ».

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Le parcours de la manifestation a été tracé de manière stratégique. Les cortèges seront thématiques : retraités d’un côté, étudiants de l’autre, cheminots à proximité. « L’idée est de mettre en avant la convergence des luttes.Toutes les revendications seront exprimées », explique Aurélien Le Coq, militant de La France Insoumise. « Il est urgent de stopper le président dans son entreprise de démolition libérale de la société », s’inquiète Danielle Simonnet.

Pour souligner le côté festif du rassemblement, la musique sera au rendez‐vous. L’Orchestre Debout, monté en mai 2016 au moment des revendications contre la loi travail, prépare un concert pour le jour J. De Beethoven à Nougaro, les partitions sont disponibles sur les réseaux sociaux pour permettre à chacun de se familiariser avec les morceaux, avant la répétition collective samedi matin. « Débutants ou confirmés sont invités à venir jouer. Nous espérons aussi voir venir des gens de province », précise Marine, membre de l’orchestre.

L’Orchestre Debout rassemblée à l’occasion de la manifestation du 1er mai / Illustration : Astrid Lafarge

Les régions mobilisées

« La mobilisation aura plus d’impact si nous sommes tous regroupés à Paris », explique le rouennais Julien Lebret. Plusieurs comités locaux ont été créés par des militants dans une centaine de villes françaises. Ceux‐ci sont en charge de l’organisation à l’échelle locale pour optimiser le déplacement des manifestants vers Paris. A Rouen, Julien a mis en place un bus qui partira samedi à 9h15. A Lille, 300 militants partiront à l’aube en car pour rejoindre la capitale. D’autres ont opté pour d’autres moyens : covoiturage ou train.

La solidarité est de mise entre les manifestants. « Je vais aller dormir chez une camarade de La France insoumise », explique l’insoumis lillois Arnaud Le Coq. Après avoir demandé sur les réseaux sociaux un hébergement, Stefan Sachet assure qu’il a reçu des propositions venant de plusieurs sympathisants : « Nous aurions même pu trouver facilement un logement sur place le jour J », ajoute‐t‐il.

A Bordeaux, outre les deux cars réservés, une « manif des riches » est prévue en parallèle de l’événement parisien pour les personnes ne pouvant se déplacer si loin. « Il s’agit d’une manifestation parodique et contestataire. On ne voulait pas faire doublon avec la Fête à Macron, mais l’esprit est similaire : festif et joyeux », détaille Marie Duret‐Pujol, membre de l’organisation.

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A Grenoble, le comité local n’est pas parvenu à mobiliser. Pas de car, pas de manifestation locale: « malheureusement l’organisation pour Grenoble a été un peu compliquée donc nous ne nous réunirons pas. Nous avons invité tout les Grenoblois désireux de participer à ce 5 mai à rejoindre les événements à Lyon, Paris ou Valence », indique le collectif dauphinois.

La journée du 5 mai se prépare depuis plusieurs semaines, mais « il ne s’agit que de la première pierre qui prépare la prochaine du 26 mai », explique Aurélien Le Coq. Locale ou nationale, les modalités de ce futur rassemblement ne sont pas encore établies.

Illustration : Capture d’écran de la conférence de presse spéciale « Fête à Macron » du mercredi 2 mai.