L’OM et l’Europe : entre désillusions et espoirs

La nuit a été courte pour les supporters de l’Olympique de Marseille. Hier soir, la Cannebière était noire de monde et rouge d’incandescence, de la couleur des fumigènes des grandes occasions. À l’issue du coup de sifflet final du match qui opposait l’OM au club autrichien de Salzbourg, des milliers de supporters se sont dirigés vers le vieux port de la cité phocéenne afin de célébrer la qualification de leur équipe en finale de l’Europa League. Une première depuis quatorze ans. Retour sur l’histoire européenne du club phocéen.

1991, le rêve brisé

Début des années 1990. La Game Boy vient de sortir, Lagaf’ trône au sommet du hit parade avec La zoubida et Zinédine Zidane a encore des cheveux. L’Olympique de Marseille vient d’être sacré champion de France et accède à sa première finale de compétition européenne, à l’époque nommée Coupe d’Europe des clubs champions. Les 90 minutes de jeu ne donnent rien et accouchent d’un score nul et vierge. La prolongation ne sera pas plus abondant et les deux équipes doivent se départager lors des tirs aux buts. Une épreuve réussie par les Yougoslaves, qui soulèvent quelques minutes plus tard le trophée tandis que Basile Boli, le défenseur central de l’OM, fond en larmes.

1993, à jamais les premiers

Deux ans plus tard, l’Olympique de Marseille époque Bernard Tapie espère avoir appris de ses erreurs à l’heure d’affronter l’AC Milan. L’équipe française, résolument défensive, est composée de joueurs rompus au combat physique tels qu’Eric Di Meco, Franck Sauzée, Marcel Desailly ou encore Didier Deschamps. Une condition sine qua non pour faire face à l’armada milanaise. La première mi‐temps est disputée, les occasions fusent d’un côté comme de l’autre, jusqu’à la 43e minute. C’est ce moment‐là que choisit le défenseur marseillais Basile Boli, pourtant blessé au genou, pour s’élever plus haut que tout le monde et placer un coup de tête victorieux. L’OM mène à la marque et le score ne changera plus. S’en suivent la communion des joueurs avec leurs supporters, les larmes de Bernard Tapie et un slogan qui résonne encore aujourd’hui : « à jamais les premiers ». L’Olympique de Marseille demeure encore le seul club français à avoir remporté la Ligue des Champions.

1999, l’impuissance

Laurent Blanc, Daniel Bravo, Robert Pirès et Florian Maurice côté marseillais. Gianluigi Buffon, Lilian Thuram, Fabio Cannavaro, Juan Sebastian Veron et Hernan Crespo côté parmesans. À la lecture des compositions d’équipe, le duel paraît équilibré. La réalité du terrain en sera tout autre. Une erreur de la défense marseillaise et deux montées rageuses de Lilian Thuram plus tard, le scénario du match est scellé. L’OM s’incline 3–0 au terme d’un match parfaitement maîtrisé de la part des italiens et voit le trophée de la Coupe de l’UEFA lui échapper.

2004, la désillusion

Après avoir sorti successivement Liverpool, l’Inter Milan et Newcastle, les joueurs de José Anigo se prennent à rêver d’une victoire finale en Coupe de l’UEFA. Emmené par son attaquant ivoirien Didier Drogba, le club français s’effondre pourtant peu avant la mi‐temps. Fabien Barthez, le gardien de but tricolore, est expulsé pour une faute sur l’attaquant adverse. Réduits à dix, les marseillais ne parviendront pas à relever la tête et s’inclineront 2–0. Quelques mois plus tard, l’idole du public Didier Drogba s’envole pour Chelsea. Un transfert qui marque pour l’OM le début d’une période de disette en compétition européenne. Le 16 mai prochain, le club français aura une nouvelle occasion d’inscrire à son palmarès une compétition européenne. Pour cela, il faudra venir à bout de l’Atlético Madrid au Parc Olympique lyonnais, théâtre de la finale.

Illustration : AP Photo/Kerstin Joensson