Mahir Guven, le numéro 1 du Goncourt du premier roman 2018

Le prix Goncourt du premier roman 2018 a été décerné à Mahir Guven pour Grand frère aux éditions Philippe Rey. Le directeur du journal Le 1 fait le récit d'une fratrie déchirée par le djihad.

C’est le rêve de tout auteur néophyte et désormais une réalité pour Mahir Guven. Le journaliste de 32 ans s’est vu remettre le prix Goncourt du premier roman 2018 vendredi 4 mai pour Grand Frère aux éditions Philippe Rey. Comme le veut l’usage, les délibérations se sont tenues au restaurant Drouant, dans le 2earrondissement de Paris. Ainsi le lauréat remporte une dotation de 3800 euros et un très probable succès en librairie.

Ce premier roman de Mahir Guven raconte l’histoire d’une famille brisée par la radicalisation du cadet. D’un côté le Grand Frère, un débrouillard sans diplôme, resté à Paris où il exerce l’activité de chauffeur Uber. De l’autre le Petit Frère, infirmier engagé dans une organisation humanitaire musulmane, Islam & Peace, qui le pousse à partir en Syrie. L’organisation est en réalité proche d’un réseau terroriste. Son retour en France va ébranler le foyer chapeauté par un père Turc laïc, désireux de s’intégrer dans la société française.

Le lauréat du prix 2018 vit et travaille à Paris, dans le milieu de la presse. Il est directeur executif du journal Le 1, un hebdomadaire qui se propose d’aborder à chaque numéro une thématique unique. A l’instar des protagonistes de son roman, Mahir Guven est d’origine turque. Le trentenaire est né à Nantes, où il a été élevé dans les quartiers sud de la ville par des parents réfugiés politiques. Il s’est passionné pour la littérature grâce à Bernard Weber, l’auteur de la trilogie des Fourmis.

L’Académie Goncourt avait dévoilé un mois plus tôt la liste des quatre finalistes. Aux côtés, de Myriam Leroy, Lise Marzouk et Agnès Riva, Mahir Guven était le seul homme à figurer sur cette liste. Le premier roman de l’auteur a par ailleurs reçu le prix Régine‐Deforges.

Illustration : ©Editions Philippe Rey