Non, le nombre de zadistes à Notre-Dame-Des-Landes n’a pas augmenté depuis l’évacuation

Selon le sénateur de la Vendée, Bruno Retailleau, les zadistes de Notre-Dame-Des-Landes sont plus nombreux depuis l’évacuation. Vérifications.

Les faits

Mercredi 9 mai, Bruno Retailleau a vivement critiqué l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes. Sur le plateau de France 2, il a affirmé que l’opération était un « échec » :

« La violence des zadistes a payé puisqu’on aura pas d’aéroport et en plus il y a plus de zadistes sur la ZAD qu’il y a trois mois. »

La chroniqueuse Caroline Roux s’est étonnée face à une telle affirmation : « Ce n’est pas une caricature? Ils sont vraiment plus nombreux aujourd’hui ? » Sûr de lui, le sénateur a répété : « Ils sont plus nombreux. Il n’y a pas eu d’évacuation. Ils ont gagné. »

 C’est faux…

Camille, zadiste et responsable des relations avec la presse (Photo Léa Fournier)

Camille* est responsable des relations des zadistes avec la presse. Il rejette les propos du sénateur de la Vendée : « Encore une fois, il dit n’importe quoi. » Le militant s’explique :

« Les forces de l’ordre ont détruit plusieurs dizaines d’habitats. Il faut déjà reloger les personnes qui s’y trouvaient. Comment voulez-vous qu’on accueille plus de monde alors qu’on est en pleine reconstruction ? »

Dominique Fresneau, président de l’Association Citoyenne Intercommunale des Personnes concernées par l’Aéroport de NDDL (ACIPA), n’a pas observé une augmentation de la population sur la ZAD suite aux opérations des forces de l’ordre : « Ils sont entre 200 et 250 personnes à continuer d’occuper le terrain en ce moment. » De son côté, la préfecture de Loire-Atlantique, estime elle, qu’« à ce jour, le nombre d’occupants de la ZAD est de 150 à 200 personnes.»

Avant l’évacuation, Libération, Le Point ou encore France Culture évaluaient le nombre d’habitants de la ZAD « entre 150 et 400. »

Contacté par Les Ateliers du CFJ, le sénateur Bruno Retailleau n’a pas répondu à nos sollicitations.

* Le prénom a été modifié

Illustration : Léa Fournier