Afflux d’exilés allemands en France : l’intox de Nicolas Dupont‐Aignan

Invité vendredi matin dans la matinale de BFM / RMC, Nicolas Dupont-Aignant a affirmé que des exilés d’Allemagne venaient en France pour « prendre les prestations sociales ». Mais est-ce réellement possible ?

Invité de BFMTV vendredi matin, Nicolas Dupont‐Aignan, le président de Debout la France, a déclaré : « Mme Merkel a accueilli de manière unilatérale plus d’un million de migrants. Simplement il n’y a pas de frontières entre la France et l’Allemagne. Et en Allemagne, les régime sociaux sont très durs […] Beaucoup viennent en France, parce que le régime social pour les étrangers y est beaucoup plus favorable ». Qu’en est‐il réellement?

« Migrant »: un terme flou

En employant le mot « migrants », Nicolas Dupont‐Aignan crée la confusion. Il mélange les personnes qui disposent d’un statut et les autres. Or, seules les premières peuvent percevoir des prestations sociales.

C’est le cas des demandeurs d’asile, dont le dossier est à l’étude, et des réfugiés statutaires, qui eux ont obtenu l’asile. Pour les personnes qui n’ont pas formulé de demande ou qui ont été déboutées, rien n’est prévu.

Des déplacements simples ?

La réalité est plus compliquée. Que les personnes soient réfugiées ou demandeuses d’asile, toutes sont soumises à un contrôle strict de leurs déplacements qui rend impossible de simplement quitter un pays pour un autre.

Des prestations sociales enviables ?

Le président de Debout la France affirme que les prestations sociales françaises sont « plus favorables ». Là aussi, la réalité est plus nuancée.

 Les déboutés de l’asile en Allemagne viennent‐ils vraiment en France ?

Difficile de savoir combien de déboutés du droit d’asile allemand sont maintenant en France. Les associations elles‐mêmes n’ont pas de chiffres précis. Et la plupart d’entre eux tombe sous le règlement de Dublin, qui les interdit de formuler une nouvelle demande d’asile en France. On est quoi qu’il en soit très loin de l’invasion évoquée par Nicolas Dupont‐Aignan.

En résumé, le déplacement vers la France est impossible pour les personnes qui possèdent un statut en Allemagne et perçoivent des aides là‐bas. A l’inverse les prestations sociales françaises sont inaccessibles aux personnes qui n’ont pas de statut même si elles sont dans le pays.

Illustration : AP/Lionel Bonaventure