Harcèlement sexuel : R. Kelly retiré partiellement de Spotify

La plate-forme de streaming Spotify a retiré jeudi 10 mai R. Kelly de ses playlists. Le chanteur américain est notamment accusé de harcèlement sexuel. On vous explique la décision de l'entreprise suédoise.

♦ Qu’est-il reproché à R. Kelly ?

Star planétaire dans les années 1990, le chanteur de R&B a commencé à faire parler de lui sur le plan judiciaire à partir de 2000. Il est alors poursuivi pour harcèlement sexuel, avant d’être mis en cause par une femme qui l’accuse d’avoir couché avec elle lorsqu’elle était mineure, puis de l’avoir forcée à avorter.

Deux ans plus tard, en 2002, il est inculpé pour pornographie sur mineur. La police de l’Etat de l’Utah se procure une vidéo sur laquelle R. Kelly a des relations sexuelles tarifiées avec une jeune fille de 14 ans. Il est finalement acquitté en 2008. Le 14 avril dernier, le Washington Post révèle qu’une plainte a été déposée contre le chanteur pour transmission volontaire de MST.

♦ Quelles sont les mesures prises par Spotify ?

Face à cet ensemble de polémiques et d’accusations, la plate‐forme suédoise de streaming musical a pris la décision de retirer toutes les chansons de l’artiste de ses playlists personnalisées. Elle a aussi retiré le chanteur des propositions faites aux utilisateurs sur la base d’algorithmes.

Mais le catalogue musical de R. Kelly est toujours disponible sur Spotify. Une recherche manuelle permet d’écouter sa discographie. « Nous ne censurerons pas le contenu en raison du comportement d’un artiste ou d’un créateur, mais nous voulons que nos décisions éditoriales reflètent nos valeurs », s’est défendu la plateforme dans un communiqué officiel.

♦ R. Kelly a‐t‐il déjà été mis en cause au sein de l’industrie musicale ?

En juillet 2017, une pétition est lancée sur le net pour exiger de son label, Sony Music, que le contrat du chanteur soit rompu. « Nous demandons une sourdine complète et totale. Nous ne voulons pas l’entendre à la radio. Nous ne le voulons pas sur les services de streaming. Nous ne voulons pas qu’il puisse réaliser des concerts », peut‐on lire dans la pétition en ligne.

Cette initiative voit le jour suite à une enquête de Buzzfeed US, qui révèle que le chanteur de R&B gardait six femmes en captivité dans des propriétés louées par ses soins. Toujours selon le site américain, l’interprète d’I Believe I Can Fly contrôlait tous les aspects de leur vie : ce qu’elles mangeaient, comment elles devaient s’habiller, ou encore à quel moment elles pouvaient dormir…

♦ Est‐ce une première pour Spotify ?

D’autres artistes mis en cause dans des affaires sexuelles ont été blacklistés, au moins en partie, par Spotify. C’est le cas pour le rappeur américain XXXTentacion, condamné pour violences conjugales et en attente de son procès pour agression aggravée d’une femme enceinte. Il est accusé de coups et blessures, de séquestration arbitraire, de violences conjugales par étranglement et de falsification de témoignage.

En août dernier, ce sont des groupes de musique suprématistes blancs qualifiés de « haineux » que Spotify a supprimé de sa plateforme.Une décision motivée par les événements de Charlottesville et imitée dans la foulée par le service français d’écoute de musique en streaming Deezer.

Illustration : AP Photo/Frank Franklin II, File