Les collants ne durent jamais longtemps

Dans une enquête publiée mardi sur son site internet, l’association Halte à l’obsolesence programmée (HOP) alerte sur la faible durabilité d’une paire de collants. Les consommateurs doivent ainsi s’adapter aux différents modèles, et trouver des solutions allonger l’espèrance de vie.

Lutter pour des collants plus résistants : tel est le combat mené par l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP). Selon une enquête publiée sur son site internet, pour 72% des 3 000 femmes interrogées, le collant file avant la sixième utilisation.

L’obscolesence programmée s’étend aux collants

Ce phénomène d’obsolescence programmée, né dans les années 1960, est lié à « un changement de conception », explique Laetitia Vasseur, responsable communication de l’association. Auparavant, les collants étaient essentiellement fabriqués à base de nylon, ce matériau à l’origine de fils élastiques ultra résistants. Le tricotage se faisait à plat, permettant ainsi une solidité extrême. Après la Seconde Guerre mondiale, la mode des collants sans-couture apparaît. La disparition des coutures induit une nouvelle manière de tricoter, moins tenace. En parallèle, des fils bas de gammes sont utilisés. Le tricotage s’accélère en raison d’une demande accrue et les finitions ne sont font plus à la main.

L’association HOP dénonce également dans son rapport l’ajout « d’additifs chimiques qui déterminent le niveau de résistance » des collants. Mais les « compositions exactes des intrants chimiques utilisées par les fabricants » sont des « informations hautement confidentielles et protégées par le secret industriel ». La structure n’a donc pas accès aux preuves nécessaires pour engager des poursuites juridiques. Elle a toutefois appelé les clients à signer un « appel pour des collants durables ».

Les militants demandent notamment des « réelles garanties de durabilité des collants », ainsi que la « mise à disposition des consommateurs un modèle en exposition pour chaque type de collants » afin de juger de sa robustesse avant l’achat.

Un défilé de collants

De leur côté, les marques rappellent qu’il existe plusieurs nuances de produits : « la gamme “galbante” » est beaucoup plus résistante. Le collant peut éventuellement « se filer au niveau du doigt de pied mais l’entaille ne remontera pas », explique une vendeuse du magasin Calzedonia.

Un constat partagé par Florence, septuagénaire, qui porte régulièrement des collants : « j’achète des collants opaques de 40 deniers [unité de mesure qui définit la solidité d’un collant en fonction des fibres utilisées] pour l’hiver, et ils tiennent très bien ». En revanche, les « catégories voiles se filent très facilement, peu importe la marque », ajoute son amie Estelle.

La start-up Gambettes box a bien compris ce fonctionnement. Elle envoie à ses abonnés deux paires de collants chaque mois : « sur une année, vous recevrez deux trois basiques bien opaques bien noirs bien résistants », peut-on lire sur le site internet. Pour le reste, « on mise sur l’originalité », sous-entendu au détriment de la qualité.

Des solutions alternatives

Pour lutter contre ces déchirures, plusieurs techniques sont utilisées par les intéressés. Tout d’abord, il est nécessaire d’en prendre soin : « je plie délicatement mes collants avant de les ranger  explique Estelle. S’ils sont trop abîmés, je les mets sous un pantalon pour avoir chaud ». Certains optent pour un atelier couture : « je les recouds au niveau des doigts de pieds s’ils sont trop abîmés », livre Romane, étudiante de 25 ans. D’autres recouvrent les entailles de vernis pour limiter l’extension de la faille. Toutes les astuces sont permises pour une meilleure longévité.

Illustration : Laurène Trillard