Ambassades à Jérusalem : l’exemple Trump n’est pas suivi

Le Guatemala a déplacé son ambassade à Jérusalem, deux jours après que les Etats‐Unis ont fait de même. Peu de pays ont annoncé suivre l’exemple.

« Vous avez toujours été parmi les premiers. » C’est en ces mots que Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, s’est adressé au président du Guatemala, Jimmy Morales. Ce mercredi, le Guatemala inaugurait son ambassade à Jérusalem, tout droit déménagée depuis Tel Aviv. Cet acte fait suite à l’installation de la représentation américaine dans la ville sainte, deux jours plus tôt. Ce faisant, le pays d’Amérique Latine reconnaît Jérusalem comme capitale israélienne, et est le deuxième pays à briser des décennies de consensus international.

Jérusalem, 16 mai 2018. Le Guatemala inaugure son ambassade à Jérusalem. © Associated Press

« Nous n’oublions pas qui sont nos amis, a déclaré Benjamin Netanyahu, et le Guatemala est notre ami, aujourd’hui comme hier. » Le président guatémaltèque Jimmy Morales a fait l’éloge d’Israël, un « flambeau pour les pays du monde entier », et de la relation entre son pays, les Etats‐Unis, et Israël, « trois amis qui montrent leur amitié, leur courage et leur loyauté. »

Donald Trump, quasi seul

Pour la communauté internationale, Jérusalem‐est est occupée, et ne doit pas accueillir d’ambassade tant que le statut de la ville n’est pas défini. A l’invitation du président Trump à déménager leurs représentations, seuls le Paraguay, qui devrait agir d’ici la fin du mois, et le Guatemala, se sont fermement engagés.

Cet acte n’a pas déclenché une série de déménagements, comme l’espérait Donald Trump et Benjamin Netanyahu. « Ils ne sont pas beaucoup à suivre Trump », constate l’historien Vincent Lemire, joint par téléphone. Certains pays comme l’Honduras, ou en Europe, la Roumanie, la Hongrie ou la République Tchèque auraient annoncé vouloir suivre la marche. Ceux‐là, ce sont « les sales gosses de l’Union Européenne », nous racontait Vincent Lemire lundi. «  C’est un moyen pour ces pays gouvernés par l’extrême-droite de se démarquer de la ligne officielle de Bruxelles. »

Après le Guatemala et les Etats‐Unis, quatre autres pays pourraient déplacer leur ambassade de Tel Aviv à Jérusalem. © Marine Protais

« La chaise du médiateur est vide »

Les Etats‐Unis honorent une promesse de campagne déjà controversée. En décembre dernier, l’ONU votait une résolution condamnant la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale israélienne. À quatorze contre un, les Etats‐Unis ont émis leur véto. Une humiliation. Ils se disent « insultés ».

« Sur toute cette histoire, Trump est seul », se moque Vincent Lemire. « Il mène une politique isolationniste, alors il s’isole. Le déménagement ne sert pas à grand chose dans la pratique, mais diplomatiquement, c’est une catastrophe. La chaise du médiateur est vide. Ce que l’on oublie, c’est que les Etats‐Unis sont une démocratie. Dans deux ans, Trump sera parti, et il n’y aura toujours pas de médiateur pour le conflit. 

Illustration : Washington, 15 mai 2018. En déplaçant l’ambassade américaine à Jérusalem, Donald Trump pensait lancer un mouvement général. © Associated Press