Le sport touché par les violences homophobes

Au lendemain de la publication du rapport annuel de SOS Homophobie, la ministre des Sports Laura Flessel organise une campagne contre l’homophobie dans le sport.

Au lendemain de la publication du rapport annuel de SOS Homophobie, la ministre des Sports Laura Flessel organise une campagne contre l’homophobie dans le sport.

Chants homophobes dans les stades, tabou et dissimulation de son orientation sexuelle chez les sportifs professionnels comme amateurs… Joël Deumier, président de SOS Homophobie, constate une « persistance de haine anti-LGBT dans le milieu sportif ». Le rapport annuel sur l’homophobie publié mardi 15 mai par l’association consacre une section au milieu du sport, et dénombre sept témoignages.

Pour Joël Deumier, le colloque sur la prévention de l’homophobie organisé mercredi 17 mai par le ministère des Sports est donc l’occasion d’une « réflexion sur une meilleure inclusion des personnes trans et intersexes ». En effet, cette catégorie de population « se heurte à une très forte binarité femme/homme ancrée dans le sport » selon lui. Dans son rapport, SOS Homophobie cite par exemple le cas de Caster Semeneya, championne d’athlétisme sud-africaine qui avait fait l’objet de remarques et d’insultes sur son physique et ses performances, jugées trop masculines. Le cas d’école d’un climat hostile envers les sportifs qui ne correspondent pas aux standards de genre.

Une campagne nationale

À la veille de la journée internationale de lutte contre l’homophobie, le gouvernement a décidé de faire campagne contre l’homophobie dans le sport en particulier. Le colloque du mercredi 17 mai s’inscrit dans la campagne “Ex Aeqo” lancée par le gouvernement le 15 mars contre les discriminations dans le sport. Laura Flessel plaide pour le renforcement des sanctions, de la part des présidents de club notamment, pour lutter efficacement contre les actes homophobes.

Dans tous les milieux, les violences LGBTphobes* ont augmenté en 2017, selon le rapport de SOS homophobie (partenaire de la campagne gouvernementale “Ex Aeqo”). De 1575 témoignages de violence rapportés à l’association en 2016, ils passent à 1650, soit une augmentation de 4,8%. Le gouvernement, quant à lui, enregistrait 1026 crimes et délits à caractère homophobe l’année dernière. Des chiffres sans doute en-dessous de la réalité, puisqu’ils ne représentent que des faits rapportés à l’association et déclarés aux autorités.

*LGBTphobe : discriminant à l’encontre des communautés Lesbienne, Gay, Bisexuelle et Transgenre

Illustration : Le rapport annuel de SOS homophobie constate une persistance des discriminations dans le milieu sportif. © Photo Pixabay CC0