Examens perturbés : diplômes gâchés ?

Rennes II, Aix-Marseille, Lyon-Lumière II, Nantes, Toulouse Jean-Jaurès, Paris-Nanterre. Dans toutes ces universités, les examens ont été reportés ou annulés suite aux blocages contre Parcoursup, laissant des milliers d’étudiants dans l’expectative quant à leur avenir. Mais, au juste, quelles sont les différentes alternatives pour les diplômes  ? 

  • Diplôme donné

« Pas de diplôme en chocolat dans la République », a certifié Emmanuel Macron sur TF1, il y a un mois. Pourtant, si le gouvernement affirme sa fermeté, donner un diplôme ne révèle pas que du fantasme. Au printemps 1976, par exemple, une grève de trois mois paralyse les universités. Ce mouvement a pour but d’empêcher la réforme du second cycle qui crée de nouvelles filières. Déjà à l’époque, l’inquiétude porte sur des soupçons de sélection à l’université. Les étudiants en Economie de la faculté Nanterre obtiennent alors tous leur diplôme après avoir boycotté les examens.

  • La note minimale

Le principe est d’attribuer minimum 10 à tous les élèves. Ceux qui ont au dessus de la moyenne gardent leur note. Ce système avait déjà été appliqué en 2007. Des étudiants d’un site de Paris VIII (Saint-Denis) avaient la moyenne d’office après avoir organisé un blocus d’opposition à la loi Pécresse. Ailleurs, Mélanie Luce, responsable des questions universitaires de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), se souvient que le 10 améliorable «  a été appliqué partiellement en 2016 pendant la loi travail, notamment à Toulouse II. Il fallait faire une demande auprès de l’université ».

  • Devoirs à la maison

L’université Paul-Valéry de Montpellier, bloquée depuis février 2018 en raison de la réforme Parcoursup, a décidé que la majorité des examens se feront sur internet. Le dispositif concerne 15 000 étudiants passants 800 épreuves. Mélanie Luce, considère que faire les examens à la maison « est une très bonne alternative ». Cela pose toutefois de nombreuses questions, notamment celle des mesures pour lutter contre la triche.

  • Décaler le calendrier universitaire

Il s’agit de la solution la plus utilisée par le passé. En 2006, les étudiant de l’université du Mirail à Toulouse ont vu leurs examens décalés de trois semaines après à sept semaines de blocus du mouvement anti CPE (contrat première embauche). En 2009, c’est suite à la mobilisation contre le projet de réforme des retraites, que les universités de Tours, Perpignan et Toulon avaient également reportés les partiels d’un mois. Enfin, les examens peuvent également être décalés après les vacances d’été, à la rentrée. Ce fut le cas notamment en 1976 pour les étudiants de droit de l’université de Nanterre.