Notre-Dame-des-Landes : nouvelle phase d’évacuation de la ZAD

Après un mois de trêve, le gouvernement a ordonné une deuxième vague d’expulsions dans la ZAD. Lieux de vie des zadistes, quatre « squats » ont été évacués ce jeudi 17 mai. Le déblaiement a commencé.

« Conformément aux engagements du gouvernement, le processus de retour à l’État de droit se poursuit à Notre-Dame-des-Landes », a tweeté jeudi 17 mai le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. Dès l’aube, les forces de l’ordre étaient sur place. « Une opération de police d’envergure inédite en France », selon le service de presse de la ZAD.

Dix-neuf escadrons de gendarmerie étaient mobilisés, soit 1 500 à 1 700 militaires. Une « véritable occupation militaire » pour des occupants de la ZAD, qui ont souhaité rester anonymes. « Ils sont venus avec des blindés : des armes de guerre ! C’est du jamais-vu pour déloger seulement quelques personnes qui vivent dans des cabanes. » Pas de quoi convaincre les zadistes de quitter la zone. Sit-in, blocages, barrages et cabanes dans les arbres, ils développent des formes de résistance plus ou moins violente pour faire face aux forces de l’ordre et notamment aux tirs de grenades lacrymogènes, audibles près de la forêt de Rohane, a relevé l’AFP.

L’opération  « va durer quelques jours mais sera allégée pour le week-end », selon la gendarmerie. « Les objectifs ne sont pas encore atteints », préciseNicole Klein, la préfète de Loire-Atlantique en charge de l’évacuation de la ZAD, jointe par téléphone. En fin d’après-midi, quatre lieux de vie ont été détruits ce jeudi et une dizaine au total devraient l’être durant cette opération, qui « devrait continuer demain », précise-t-elle. L’objectif est d’expulser les zadistes qui n’ont, jusqu’à présent, pas déposé de dossier pour régulariser leur situation.

Une évacuation avec précaution

« Les squats expulsés et déconstruits par les forces de l’ordre ne s’inscrivent dans aucun des projets agricoles déposés en préfecture », a précisé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué de presse. La liste de ces « squats » avait été communiquée aux zadistes, a précisé Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale, « de manière à ce qu’il n’y ait pas de surprise », à l’Agence France-Presse (AFP). 

Les occupants avaient justement reproché au gouvernement d’avoir détruit, lors de la précédente évacuation, plus de « logements » qu’annoncé. Entre le 9 et le 12 avril derniers, déjà vingt-neuf squats, sur les 97 recensés, avaient été détruits. « On a prévenu ceux qui allaient être expulsés et ceux qui ne le seraient pas. Cela a permis d’apaiser les choses », explique Nicole Klein. L’annonce en amont du démantèlement de cinq de ces squats ce jeudi a permis d’effectuer l’évacuation dans une atmosphère relativement calme par rapport à l’opération d’avril, où des affrontements violents avaient été constatés. L’appel à la mobilisation a également été nettement moins suivi qu’en avril.

Cette deuxième évacuation laisse donc envisager une fin progressive de la ZAD. « Ce n’est pas un bras de fer, c’est le retour à l’Etat de droit qui se fait progressivement », estime la préfète de Loire-Atlantique. Mais une manifestation est d’ores et déjà prévue samedi 19 mai à Nantes, avec un appel à la « reconstruction » des lieux de vie détruits dès le lendemain matin.

 

> > > Si vous n’avez pas tout compris au conflit à Notre-Dames-des-Landes, Le Monde en a fait un résumé ici.

Illustration : Nantes, 9 avril 2018. Près de 1 800 gendarmes sont mobilisés pour la deuxième phase d’évacuation de la ZAD. © Associated Press