Première bougie pour le gouvernement : le bilan

Le gouvernement d’Edouard Philippe fête ses un an ce jeudi 17 mai. Pour l’occasion, les ministères sont délocalisés le temps d’une journée. Le but : aller à la rencontre des Français, dans des grandes métropoles comme dans des villes moyennes. Une opportunité pour les ministres, qui souhaitent défendre leur bilan et jauger leur popularité.

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé

La ministre est la seule à rester à Paris pour l’anniversaire de sa prise de poste. Elle porte le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, et a dû faire face à plusieurs crises : le changement de formule du Levothyrox, qui a entraîné des effets indésirables sur de nombreux patients, mais aussi la grève du personnel dans les EHPAD et la saturation des services d’urgence.

Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur

L’ancien maire de Lyon doit porter à Rungis, faute d’être accueilli à Verdun, son bilan est marqué à droite. Le projet de loi « asile et immigration » a fait débat, au sein même de la majorité, tout comme les expulsions à Notre-Dame-des-Landes. Le ministre a également du faire face à deux attentats, dans l’Aude le 23 mars, et à Paris le 12 mai.

Françoise Nyssen, ministre de la Culture

La directrice de la maison d’édition Actes Sud a du mal à se faire une place dans le gouvernement. Des rumeurs de remaniement la disent proche de la sortie. Avec le secrétaire d’Etat au numérique Mounir Mahjoubi, elle a porté le projet de loi sur les « fake news ».

Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics 

L’ancien maire de Tourcoing a été récemment égratigné par des accusations de viol et d’abus de faiblesse, impliquant des relations sexuelles, qui ont menées à l’ouverture d’enquêtes. La seconde a été classée sans suite. Le ministre porte actuellement un projet de loi visant à simplifier les démarches administratives.

Nicolas Hulot, ministre de l’Ecologie 

C’est le ministre préféré des Français. Populaire, il chute cependant dans les sondages du fait de sa discrétion dans le gouvernement. Bien qu’il ait réussi à faire passer certaines de ses idées, dont l’interdiction de l’exploration des hydrocarbures et des néonicotinoïdes (insecticides tueurs d’abeilles) ou encore la sortie du glyphosate en trois ans, il a échoué sur plusieurs points. Ainsi, la part du nucléaire ne sera pas réduite à 50% en 2025. Autre écueil, l’enquête de l’hebdomadaire Ebdo sur des soupçons de viol et de harcèlement sexuel. L’ancien présentateur d’Ushuaia se donne jusqu’à l’été pour décider s’il reste, ou non, dans le gouvernement. D’autres chuchotent que sa sortie est imminente.

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie 

Celui qui briguait la candidature de Les Républicains pour la présidentielle se fait désormais discret au sein du gouvernement macroniste. Il est pourtant le porteur de mesures emblématiques de la première année de mandat d’Emmanuel Macron, comme l’augmentation de la CSG pour les retraités ou la suppression de l’« exit tax », un impôt qui s’applique aux plus-values faites par les contributeurs qui transfèrent leur domicile à l’étranger. 

Annick Girardin, ministre de l’Outre-mer

La ministre des outre-mer quitte naturellement la métropole et se rend à Mayotte pour consulter les citoyens. Son grand projet est la mise en place des Assises des outre-mer, qui déboucheront sur la rédaction d’un Livre bleu remis fin juin à Emmanuel Macron. La ministre a été sur tous les fronts pendant un an : elle a dû intervenir après l’ouragan Irma, à Saint-Barthélémy et Saint-Martin. Elle prépare aussi le référendum d’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, doit gérer la crise à Mayotte, tandis qu’une épidémie de dengue touche la Réunion.

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, la recherche et l’innovation 

La ministre de l’enseignement supérieur est arrivée à son poste alors que le logiciel Admission post-bac laissait sur le carreau des étudiants. Elle a alors proposé un nouveau système d’accès à l’université : Parcours Sup. Cette réforme a entraîné un blocage étudiant dans de nombreuses facultés, qui n’acceptent pas que l’université devienne sélective. Un dossier compliqué alors que l’année universitaire se termine.

Nicole Belloubet, ministre de la Justice 

La ministre de la Justice porte son grand projet de réforme de la Justice. Elle doit également faire face à la révolte du personnel pénitentiaire, qui se plaint des conditions de travail et du manque de moyens. Celui-ci s’est encore fait ressentir lors de l’évasion d’un détenu à Brest.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education 

Le ministre de l’Education a une vision conservatrice de l’enseignement à l’école. Il prône l’uniforme, le retour de la dictée, l’interdiction du portable ou encore l’instauration de chorales lors des rentrées de scolaire. Ses principaux chantiers sont la réforme de la terminale et du baccalauréat, appelée « classe de maturité ». Il est de fait médiatisé et valorisé dans le gouvernement.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail 

La ministre sera en déplacement du côté de Bayeux, dans le Calvados. Elle a présenté la contestée réforme du Code du travail ainsi que la réforme sur la formation professionnelle. Elle a dernièrement été rattrapée par l’affaire de favoritisme concernant Business France, dont elle était directrice générale au moment des faits. Elle devra se présenter devant les juges le 22 mai prochain.

Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires 

Le ministre est lui aussi victime de rumeurs l’évinçant du gouvernement. Le plan Borloo sur les banlieues montre qu’il est placé en second plan, sur un terrain que couvre pourtant son ministère. L’homme est surtout spécialiste de la ruralité. Il était d’ailleurs ministre de l’Agriculture, avant que Stéphane Travert ne le remplace à ce poste. Il représente pourtant un atout politique pour Emmanuel Macron car il vient du Parti radical de gauche.

Florence Parly, ministre des Armées 

La ministre a vécu des moments difficiles dès sa prise de pouvoir. Elle a entamé un bras de fer avec Bercy sur la question des coupes budgétaires, après qu’Emmanuel Macron a poussé à la démission le 13 juillet le chef d’Etat-major Pierre de Villiers. Pour lui succéder, elle propose le général Jean-Pierre Bosser, qui n’est pas retenu. Elle est considérée comme mutique et discrète. Une polémique enfle également sur son salaire de directrice générale chargée de SNCF Voyageurs (l’équivalent de 35 Smic). 

Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’alimentation 

Le ministre connaît un désaccord profond avec Nicolas Hulot, qui correspond peu à la vision d’Emmanuel Macron d’une majorité unie. Les deux hommes sont notamment éloignés dans leur vision de l’agriculture française (l’un ménageant les filières agricoles, tandis que l’autre souhaite une transition écologique rapide et forte). Il s’était également opposé à l’interdiction des néonicotinoïdes, les pesticides tueurs d’abeilles.

Elisabeth Borne, ministre des Transports 

La réforme de la SNCF est sans conteste le dossier chaud de la ministre des Transports, sur lequel elle devra se justifier devant les Toulousains. Pour réduire la dette de la SNCF (de plus de 46 milliards d’euros), elle souhaite une ouverture partielle des lignes à la concurrence. Le statut des cheminots est également un sujet sensible et susceptible de tendre le climat social.

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité hommes-femmes 

Le mouvement #MeToo de la libération de la parole des femmes sur les violences sexistes et sexuelles a considérablement augmenté la visibilité de la secrétaire d’Etat sur le terrain médiatique. Son projet de loi contre les violence sexuelles, voté en première lecture à l’Assemblée nationale, est pourtant sujet à controverse de tous les bords politiques. 

Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au Numérique 

Il lance plusieurs chantiers en début de mandat : un « Tour de France des start-up » ou encore une plateforme numérique unique pour les services publics (opérationnelle d’ici 2022). L’accès à Internet et la disparition des zones blanches font également partie de ses priorités. Suite au scandale de Facebook envers les données personnelles de ses utilisateurs, il soutient un nouveau règlement européen pour les protéger.

Laura Flessel, ministre des Sports 

La ministre des Sports a commencé par une victoire : l’obtention des Jeux Olympiques d’été 2024. Elle a également profité de son influence et de son expérience pour lancer une campagne contre la discrimination dans le milieu du sport, notamment pour lutter contre les obstacles faits aux femmes.