Le “vot’action” de la SNCF : symbolique, pas effectif

Les salariés de la SNCF ont décidé de rallonger le temps de vote pour la consultation syndicale qui a débuté lundi 14 mai 2018. Son résultat indiquera le nombre de salariés qui se positionnent contre la réforme gouvernementale. Toutefois, il pourrait bien n’avoir aucun impact concret.

Les cheminots se donnent un jour de plus pour faire pencher la balance. Les salariés de la SNCF ont jusqu’au mardi 22 mai pour voter “pour ou contre le pacte ferroviaire” proposé par le gouvernement. L’ombre du référendum d’entreprise d’Air France du mois dernier — à la suite duquel le PDG Jean‐Marc Janaillac a démissionné - plane au‐dessus de la consultation de la SNCF.

Si ce “vot’action”, lancé le lundi 14 mai, n’a aucune valeur juridique, c’est sa portée symbolique qui importe aux syndicats. Cette consultation a pour objectif de montrer quelle part des salariés est contre la réforme du gouvernement. Il n’existe aucune garantie qu’elle aura un réel impact sur les décisions que prendra le Parlement.

“Tout le monde sera au courant”

Thierry Marty, conseiller national UNSA‐ferroviaire, estime que “chacun en fera l’interprétation qu’il veut”. Le 29 mai prochain, lorsque le Sénat examinera le projet de loi, “tout le monde sera au courant du résultat”, martèle le syndicaliste.

Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a assuré qu’il ne démissionnerait pas si le “contre” l’emportait lors des résultats du vote car ce n’est pas un référendum d’entreprise (voir encadré). La direction de la SNCF avait d’emblée refusé que ce vote prenne la forme d’un référendum car la réforme “touche tous les Français et pas uniquement les salariés de l’entreprise.

Pour les syndicats, organiser un vote pour montrer le mécontentement des salariés permet aussi aux non‐grévistes de s’exprimer. Si les votants doivent décliner leur identité ainsi que leur matricule, l’anonymat est assuré après le comptage des voix. Le but de cette démarche : assurer un plus grand nombre de votants, pour plus de légitimité. Une légitimité soumise au verdict des décisionnaires.  

Le vot’action n’est pas un référendum d’entreprise

Introduit dans la loi Travail de 2016, le référendum d’entreprise consiste à consulter les salariés lorsque les syndicats ne parviennent pas à trouver un accord. Si une décision syndicale n’est pas approuvée par au moins 50% des syndicats, la minorité peut donc proposer à l’ensemble des salariés de se prononcer. Il vise à relancer le dialogue social.

Le dernier référendum d’entreprise en date s’est déroulé au sein d’Air France au début du mois de mai. Une majorité des syndicats avaient refusé l’offre de la direction d’augmenter progressivement les salaires. Ils exigeaient une augmentation immédiate de 5,1%. Les salariés ont voté contre la proposition de la direction également. Jean‐Marc Janaillac, à la tête d’Air France depuis 2016, s’était engagé à démissionner si l’issue du vote était négative. Il a quitté ses fonctions le 4 mai dernier.

Illustration : Un train arrive en gare. © Nelso Silva sur Flickr