Obésité : les nouvelles technologies suscitent l’espoir

Miroir aux alouettes ou réelle promesse ? De nombreuses entreprises ont promis une révolution des méthodes pour lutter contre l’obésité. De la pilule connectée à l’utilisation de la réalité virtuelle en passant par des applications mobile, les innovations se multiplient mais restent méconnues du grand public.

Une pilule connectée qui supprime la faim, cela semble assez fou. Mais la société israélienne Melcap Systems a pourtant bien développé ce projet. La gélule ressemble à n’importe quelle autre pilule et s’ingère normalement. Elle est ensuite pilotable via un smartphone et envoie des signaux électriques à l’estomac pour stimuler la sensation de satiété. Dans la lutte contre l’obésité, ces innovations technologiques sont nombreuses à avoir fait surface. Technologie incontournable du jeu vidéo ces dernières années, la réalité virtuelle est aussi un atout. Elle favorise un exercice physique en simulant un terrain ou une ambiance sportive pour le patient. Mais dans le cas de la prévention de l’obésité infantile, elle sert aussi à distraire l’enfant obèse qui se focalise sur l’univers produit par le casque de réalité virtuelle et non plus sur les réactions de son corps. Outre la réalité virtuelle, des chercheurs ont démontré dans une étude l’impact positif qu’aurait la pratique de sport via un jeu vidéo. Une méthode qu’approuve Aurélie Quillet, présidente de l’association Vivre autrement ses formes. Avec sa console Wii elle dit « mieux évaluer » sa progression et admet que « ces petites aides » lui sont précieuses.

Les technologies du quotidien plus démocratisées

Néanmoins, ces innovations majeures sont encore assez méconnues du grand public et des associations spécialisées. A l’évocation de ces procédés, toutes celles contactées avouent leur méconnaissance et affirment que pour les adhérents il en est de même. Claudia Broton, présidente de l’association Allegro Fortissimo voit pourtant d’un bon oeil ces nouvelles formes de traitements « si elles s’avèrent efficaces ». Même constat pour Linda Ahmed Yahia et son association la Ronde des Formes qui « n’est pas contre ».

Tous ces acteurs de terrains reconnaissent quand même que la technologie joue un rôle bénéfique dans le quotidien d’une personne souffrant d’obésité. Et ce majoritairement avec des applications du quotidien utilisées par tous. Yolande Pontonnier à la tête de l’association Vers un nouveau regard vante les mérites de l’application podomètre sur smartphone qui permet de comptabiliser le nombre de pas effectués dans la journée. En voyant concrètement les efforts fournis, Yolande perçoit « une fierté » et une « meilleure estime de soi » chez les personnes qu’elle suit. Aurélie Quillet met, elle, en avant Yuka, une application diététique qui lui permet de « sélectionner les aliments en fonction de leur composition et de leur apport calorique ». Mais autour d’elle, elle observe que ses outils ne sont utilisés uniquement par une population relativement jeune et qu’au-delà de cinquante ans, « le fossé est trop grand pour utiliser des applications ou autre ». L’éternel problème de la technologie. 

Illustration :De plus en plus, la technologie s’immisce dans les procédés médicaux pour lutter contre l’obésité. © Pixabay