Des syndicats reboostés par les résultats spectaculaires du vot’action

Près de 95% des cheminots qui se sont prononcés sur la loi SNCF ont rejeté, le 23 mai, le projet du gouvernement. Une victoire, certes symbolique, mais qui relance le désir des syndicats de faire plier le gouvernement. 

« Êtes-vous pour contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ? »  C’est un « non » massif pour 94,97 % des cheminots qui ont pris part au vot’action organisé la semaine dernière par les syndicats. Un résultat d’autant plus important qu’une bonne moitié des salariés de la SNCF (61,14%) ont mis un bulletin dans l’urne. « Ce vote invalide totalement le discours de la SNCF. qui veut que la mobilisation soit faible. Il rétablit la vérité », se réjouis Thomas Cavel, le secrétaire national de la CFDT. Même son de cloche du côté de l’Unsa ferroviaire. « On espère que ça va déclencher de vraies négociations, parce qu’il n’y en a eu aucune jusque-là… », déplore le conseiller national UNSA-Ferroviaire Thierry Marty. La CFDT cheminot compte bien tirer parti du « non » écrasant au vot’action pour faire passer les 42 amendements qu’elle a proposés. Un espoir de pousser le gouvernement à la négociation qui intervient alors que la commission des lois examine ce mercredi 23 mai les 169 amendements à la réforme ferroviaire, avant leur passage au Sénat le mardi suivant.

Une mobilisation impressionnante mais bien inutile selon Emmanuel Grondein, secrétaire fédéral Sud-Rail. Le syndicat a eu des doutes sur l’utilité d’un vot’action dès sa mise en place : « On fait grève depuis des mois, ce n’est pas un sondage qui va faire bouger le gouvernement. » D’autant que le vot’action n’a aucune valeur juridique ou contraignante pour la SNCF. « Mais ça nous conforte dans l’idée qu’on a raison de se battre », affirme, déterminé le syndicaliste. Sud-Rail est le syndicat le plus radical dans sa contestation de la loi sur la SNCF. Au lieu de deux jours de grève tous les 3 jours, le syndicat appelle à une grève pleine depuis le 2 avril. « Si on veut gagner, il faut un mouvement fort et qui tape dans l’économie française », insiste Emmanuel Grondein. Une stratégie incompatible avec la négociation. Au point que le syndicat hésite à se rendre au rendez-vous avec le Premier ministre prévu vendredi 25 mai prochain.

Mais à quand la reprise normale du trafic sur les lignes de chemin de fer ? Officiellement, la grève perlée doit durer jusqu’au jeudi 28 juin et ne pas avoir de conséquence sur les départs en vacances. Mais « tout va dépendre de ce que vont décider les sénateurs et députés », estime Thierry Marty d’UNSA Ferroviaire. Sud-Rail a déjà prévu de proposer un durcissement de la mobilisation à la prochaine intersyndicale qui aura lieu demain 24 mai. L’avenir des vacances d’été reste encore bien incertain…

50% du pass Navigo remboursé
La grève en est à son 11ème jour et continue à contraindre les usagers du réseau SNCF. Pour les apaiser, Valérie Pécresse a annoncé aujourd’hui sur RTL un remboursement à hauteur de 50% du pass Navigo des usagers de la SNCF pour les mois d’avril et de mai. Elle a ajouté avoir demandé à la SNCF de faire « un geste commercial supplémentaire pour les usagers des lignes qui n’ont eu quasiment aucun train pendant la grève. » De quoi atténuer temporairement la colère des détenteurs d’un pass Navigo même si les conditions de ces remboursements ne seront pas connues avant mi-juin.