Loto du patrimoine : un concept déjà éprouvé en Europe

Le "loto du patrimoine" lancé en France par Stéphane Bern trouve son équivalent ailleurs en Europe... depuis de nombreuses années.

 

Vous achetez un ticket et vous sauvez un monument ! Missionné par le président de la République pour une réflexion autour de la sauvegarde du patrimoine, Stéphane Bern a proposé en septembre dernier de réaliser une loterie. Le principe est exactement le même que pour un loto classique. Seule exception : l’ensemble des recettes destinées à l’Etat revient au patrimoine national. La liste des 18 bénéficiaires a été publiée lundi.

Si l’idée de ce loto a séduit Emmanuel Macron, elle n’est pourtant pas nouvelle et a fait ses preuves chez nos voisins depuis de nombreuses années.

  • L’Italie : les précurseurs
Le Panthéon de Rome, un édifice religieux antique, qui a été rénové grâce au loto italien.

C’est en Italie qu’a été inventée la première loterie pour le financement du patrimoine, au XVIIIème siècle. Giacomo Casanova, le célèbre séducteur transalpin, lance l’idée d’un loto pour financer la construction de bâtiments institutionnels puis importe l’idée chez son voisin français.

Aujourd’hui, une loi nationale italienne impose depuis 1997 qu’une part des revenus du loto revienne aux arts et à la culture. Tous les trois ans, près de 500 millions d’euros sont consacrés à la restauration et à la valorisation du patrimoine culturel italien.

Parmi les monuments qui ont bénéficié de la Lottomatica, de petites églises locales, le Panthéon de Rome ou le théâtre grec de Syracuse.

  • Les Anglais, champions du loto

Depuis le mois de novembre 1994, le rituel est le même : trois soirs par semaine, les Anglais se retrouvent devant leur téléviseur pour l’émission du loto. Pour ceux qui ont acheté un ticket, c’est l’espoir d’empocher le gros lot… mais aussi une façon d’aider à sauvegarder les monuments nationaux.

Au Royaume‐Uni, pas de loto exceptionnel, tous les tirages sont destinés au financement du patrimoine. En vingt‐quatre ans, l’équivalent de huit milliards d’euros ont été récoltés pour financer plus de 42 000 projets à travers le Royaume‐Uni.

Alors qu’en France, le projet est uniquement destiné à l’entretien des monuments dits secondaires, au Royaume‐Uni, le loto sert de principal mécène culturel. Il est donc aussi utilisé pour rénover des monuments illustres. Parmi eux, le Royal Albert Hall, célèbre salle de concert qui a accueilli les performances des Beatles comme des Arctic Monkeys.

  • En Allemagne, une loterie privée
La galerie du château Jetzendorf en Bavière est actuellement en rénovation grâce à la “roue de la fortune” mise en place en Allemagne.

Moins connue que son équivalent britannique, la Glücksspirale, littéralement « roue de la fortune », est pourtant plus ancienne. Lancée en 1991, la loterie a depuis permis la rénovation de 5 000 monuments Outre‐Rhin.

Particularité, elle a été lancée à l’initiative d’un organisme privé : la Fondation allemande pour la protection des monuments. Présente au niveau national, elle permet de financer des projets à l’échelle de l’ensemble du pays.

Dans la liste des monuments rénovés, des projets surtout locaux, comme l’orgue d’un temple local ou la galerie d’un château de Bavière.