NBA : en finale pour la huitième fois, LeBron James est indétrônable

La performance hors-normes, dimanche, du basketteur américain des Cleveland Cavaliers confirme son statut de star incontestée. Le règne de "King James" va-t-il marquer le pas, jeudi, face à l'autre "martien" de la compétition, Stephen Curry des Golden State  ?

 

Arrive ce jour où de rares élus basculent vers le statut de star. C’est dans la nuit du 31 mai 2007 que le basketteur américain LeBron James pousse les portes de ce cercle très fermé. En finale face à Détroit, l’ailier de Cleveland écoeure ses adversaires. 48 points, 9 rebonds, 7 passes. Des statistiques impressionnantes devenues classiques aujourd’hui pour le meilleur joueur du monde.

La décennie qui s’est écoulée depuis cet acte fondateur n’a guère fait son oeuvre sur les performances de LeBron James, originaire de la ville dont il porte les couleurs. Au contraire, elle les a magnifié. Son match en finale de conférence Est face à Boston dans la nuit de dimanche à lundi en est la preuve. A 33 ans, “King James” a sorti d’affaire les Cleveland Cavaliers en participant à l’intégralité de la rencontre et en inscrivant 35 points, 15 rebonds et 9 passes décisives. Une performance qui permet à son équipe de se hisser en finale. Jeudi, James et ses coéquipiers affronteront pour la quatrième fois consécutive les Golden State (Oakland) et son joueur star Stephen Curry. La huitième d’affilée pour “King James”.

« Le match de dimanche soir est une démonstration de LeBron James, souligne Ludovic Deroin, journaliste sportif à Canal +. A 33 ans, c’est une nouvelle preuve que l’âge ne signifie rien. LeBron James a le coffre d’un gamin de 20 ans ».

 

“King James porte l’équipe”

La partie avait pourtant mal commencée pour les coéquipiers du “King”. Porté par un public en furie, le collectif bien huilé des Celtics Boston a d’abord fait défaillir les Cavaliers, beaucoup trop maladroits en première période. Les Cavaliers s’en sont donc remis à leur star LeBron James, leur permettant de rester au contact et de prendre un léger avantage dans le troisième quart-temps.

Arrive un moment où LeBron James prend le contrôle du match. S’il est dans un bon jour, ses adversaires ne peuvent plus rien faire. C’est ce qu’il s’est passé dimanche soir. James a porté son équipe “, juge Ludovic Deroin

Le match stupéfiant du “King” a même suscité l’admiration de Brad Stevens, l’entraîneur des Boston Celtics. “Il est extraordinaire. Depuis deux ans, on joue jusqu’au 25–26 mai alors qu’on commence la saison le 25 septembre. Tous les jours, on ne pense qu’à ça . Lui, il l’a fait huit fois de suite. C’est complètement dingue”.

La saison de Cleveland avait pourtant mal débuté. Battus par de nombreuses équipes en début de saison, les Cleveland Cavaliers avaient pris la décision de se séparer de certains joueurs cadres. L’objectif  pour Koby Altman, manager général de l’équipe :  « Sauver la saison » et « éviter une mort à petit feu ». Un déclic pour LeBron James.  « Au moment de la date limite des transferts, j’ai changé d’état d’esprit et je me suis dit : essayons de faire le maximum, explique l’ailier. J’étais déterminé à faire de mon mieux, à presser cette orange jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de jus. C’est un résultat exceptionnel pour notre équipe”, a expliqué “King James”.

LeBron James affole les compteurs

Avec 82 matchs au compteur cette année, “King James” réalise  l’une de ses plus belles saisons et a encore haussé son niveau depuis le début des play-offs. Au-delà de ses statistiques (33,9 points par match de play-offs), c’est sa capacité à renverser un match à lui tout seul qui impressionne. « C’est un immense joueur, explique Ludovic Deroin. Il faut remonter aux années 1960 pour retrouver la trace d’une telle constance au haut niveau. Et encore, à l’époque, les joueurs jouaient moins ». Même les plus grands comme Magic Johnson avec les Lakers et ses quatre victoires en conférence Est font pâle figure face à la constance du quatruple MVP (meilleur joueur de la saison) des Cavaliers.

« LeBron James se fiche d’avoir tout gagné. Il veut marquer l’histoire de son sport et est toujours présent dans les grands matchs. Ce qu’il a fait hier soir restera », souligne Ludovic Deroin.

Cleveland ne part pas favori en finale

Pour LeBron James, il s’agit maintenant de se rapprocher du trident historique composé des anciens joueurs du Boston Celtics, Tom Heinshon, Sam Jones et du légendaire Bill Russel, recordman en la matière. Pour passer numéro un, LeBron James devra atteindre au minimum les finales des deux prochaines saisons. L’ailier en a les capacités, selon Ludovic Deroin. « Il a encore de très belles années devant lui. S’il en a envie, sa condition physique suivra. La question qu’il faut se poser est : dans quelle équipe atteindra-t-il cet objectif ? » . Le contrat du “King” expire en effet cet été.

Son bilan en finale est en revanche moins flatteur. « King James » en a remporté trois et en a perdu cinq. Le mythique Michael Jordan, à qui il est constamment comparé, a lui remporté ses six finales disputées avec Chicago dans les années 1990.

Cleveland ne partira pas favori contre Golden State et l’insatiable Stephen Curry. “Cette finale va voir s’opposer les deux meilleurs basketteurs de la planète. LeBron James et Stephen Curry sont deux martiens. Ils peuvent gagner le match à eux seuls. C’est pour ça qu’il est difficile de prévoir ce qu’il va se passer”, explique Ludovic Deroin.  Sans surprise, « King James » croit en ses chances: « Tout ce qui est importe, c’est qu’on soit en position d’être champion ».

Le programme des finales NBA :

Jeudi 31 mai :Golden State Warriors vs Cleveland Cavaliers (Match 1)
Dimanche 3 juin : Golden State Warriors vs Cleveland Cavaliers (Match 2)
Mercredi 6 juin : Cleveland Cavaliers vs Golden State Warriors (Match 3)
Vendredi 8 juin : Cleveland Cavaliers vs Golden State Warriors (Match 4)
Lundi 11 juin : Golden State Warriors vs Cleveland Cavaliers (Match 5)
Jeudi 14 juin : Cleveland Cavaliers vs Golden State Warriors (Match 6)
Dimanche 17 juin : Golden State Warriors vs Cleveland Cavaliers (Match 7)