Que vont devenir les migrants du camp du Millénaire ?

Les forces de l'ordre ont évacué, ce mercredi 30 mai, un millier de migrants qui vivaient dans des conditions très précaires près de la porte de la Villette à Paris. La préfecture de Paris doit maintenant organiser leur prise en charge, le temps que l'Etat décide de leur avenir.

« 40% des personnes seront mise à l’abri à Paris intramuros ». C’est ce qu’a annoncé la mairie de Paris, après l’évacuation, dès 6 heures du matin mercredi, de plus de 1000 migrants encore présents au camp du Millénaire. Ces derniers se sont dirigés dans le calme vers les bus qui les ont transférés vers 18 gymnases d’Ile de France : 780 places ont été ouvertes intra‐muros, 2 000 dans toute la région. Les mineurs isolés, femmes, enfants et familles seront orientés vers des structures spécifiques. Originaire du Soudan, de Somalie et d’Érythrée, les migrants du camp du Millénaire étaient installés depuis plusieurs mois dans des conditions très précaires.

Les migrants vont rester quelques jours dans ces centres d’accueil improvisés pour faire le point sur leur situation. Pour l’administration, ils présentent différents profils :

  • Ceux qui viennent d’arriver en France et qui n’ont effectué aucune démarche, dans l’Hexagone ou ailleurs en Europe
  • Ceux qui sont en attente d’une réponse pour leur demande d’asile
  • Ceux qui ont été déboutés de leur demande d’asile
  • Les « dublinés » (qui se rapporte au règlement de Dublin), qui ont été enregistrés dans le premier pays européen où ils ont été contrôlés, et qui, en théorie, doivent y retourner.

Puis ils se rendront vers des centres d’accueil où, éventuellement, leur demande d’asile sera examinée.

D’autres choisiront la rue. Une situation qu’Anne Hidalgo, la maire de Paris, souhaite éviter : « La proposition que j’ai faite à l’Etat est de reconstruire, réformer un centre, comme celui de la Chapelle. C’est la seule solution si on veut éviter de nouveaux campements de rue ». Le centre de la Chapelle, un grand chapiteau en forme de bulle situé porte de la Chapelle, orientait les réfugiés administrativement avant de les envoyer vers d’autres sites d’hébergements. 

Deux autres camps, au canal Saint‐Martin et à Porte de la Chapelle devraient être évacués, « si possible la semaine prochaine » annoncé le préfet de Paris, Michel Cadot. 1 200 migrants sont concernés.