Témoin de contenus pédopornographiques sur internet : comment agir ?

Près de 700 sites ont été bloqués par la police entre mars 2017 et février 2018, d’après le dernier rapport de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Pour lutter contre ce fléau, les internautes sont des acteurs décisifs.

Sur Internet, la traque à la pornographie infantile s’accélère. Quelque 680 sites internet ont été bloqués par les autorités en raison de leur caractère pédopornographique entre mars 2017 et février 2018, révèle le rapport de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) publié ce 30 mai. Ils représentent 89% du total des sites internet bloqués par la police sur la période.

Les forces de l’ordre ont examiné 2371 sites internet, à la suite de signalements d’internautes pour pédopornographie.

Des signalements qui n’ont pas valeur de plainte

Pour avertir les autorités compétentes d’un contenu ou de comportement illicite – notamment pédopornographique – il suffit de se rendre sur la plateforme de signalement en ligne Pharos. Cette plateforme est gérée par l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC) qui compte une vingtaine de policiers. Le signalement peut aussi bien concerner des sites internet, blogs, forums que des propos tenus par un utilisateur. En cinq étapes, l’internaute doit préciser la nature du contenu et l’URL du site. Il peut même fournir le pseudo de la personne qu’il souhaite dénoncer. Ces signalements n’ont pas valeur de plainte ou d’enquête. Ce sont seulement des informations portées à la connaissance de la police.

En tant qu’internaute, il ne faut pas chercher à sauvegarder des preuves du délit : l’enregistrement de documents pédophiles constitue un délit.

Les policiers, après avoir repéré les contenus pédopornographiques, sollicitent les responsables du site pour demander la suppression du contenu incriminé. S’ils ne reçoivent pas de réponse, ils peuvent ordonner aux fournisseurs d’accès à Internet de le bloquer, et aux moteurs de recherche comme Google de le faire disparaître de leurs résultats.

Les fournisseurs d’accès luttent aussi

Pour lutter contre les contenus illicites, l’Association française des prestataires de l’internet (AFPI) dispose aussi de son propre outil de signalement. Cette association professionnelle représente les principales entreprises ayant une activité de fournisseur d’accès à internet, de fournisseur de service en ligne, ou d’hébergeur. Parmi elles, on trouve Google, Facebook et Microsoft. “Point de Contact” transmet les URLs qui lui sont signalés aux hébergeurs concernés et à la plateforme de l’État, Pharos.

“Point de Contact” a permis la suppression de 91% des contenus pédopornographiques qui lui ont été signalés en 2016, soit 6675 URLs, d’après son dernier bilan.