A Amiens, la machine Whirlpool arrête de tourner

L'usine amiénoise cesse son activité ce jeudi après-midi, la production de sèche-linge étant transférée en Pologne.

Fin de partie pour Whirlpool à Amiens. L’usine de sèche‐linge, médiatisée par la longue lutte sociale menée par ses salariés, cessera de tourner jeudi après‐midi. A partir de vendredi, la production de produits électroménagers de l’usine sera transférée à Lodz, en Pologne. Il s’agissait de la dernière usine de Whirlpool en France.

L’entreprise américaine avait annoncé la cessation de l’activité de l’usine d’Amiens en janvier 2017. Elle avait dès lors donné la date du 1er juin 2018 pour le transfert de la production amiénoise vers la Pologne. En février, les salariés commençant à manifester devant la mairie d’Amiens, le Premier ministre Bernard Cazeneuve avait tenté de s’emparer du dossier. Mais c’est François Ruffin, alors simple journaliste et militant, qui avait lancé la surmédiatisation du combat des ouvriers en devenant leur figure de proue.

Une image restera de cette lutte, celle de Marine Le Pen arrivant sur le parking de l’usine, devant le piquet de grève, en pleine campagne présidentielle. Ovationnée par des salariés, elle avait forcé Emmanuel Macron, en rendez‐vous avec l’intersyndicale dans le centre‐ville d’Amiens, à se rendre à son tour devant l’usine. Relayée par tous les médias, cette séquence avait été le point d’orgue de la campagne de l’entre-deux tours. Mais elle n’avait pas permis à Marine Le Pen de l’emporter dans les urnes quelques jours plus tard.

Face à la fermeté de la direction de Whirlpool, les salariés de l’usine se sont finalement résolus à accepter le plan de reprise de Nicolas Decayeux, un entrepreneur local. Sur les 278 postes, 177 seront conservés, dans une usine qui produira, à présent, des casiers frigorifiques.