ePrivacy : le sort des cookies internet entre les mains de l’Europe

Le texte qui vise à protéger nos données personnelles, encore en débat au Conseil européen, inquiète entreprises et médias.

Les médias craignent pour leur modèle économique, les grandes entreprises pour leur chiffre d’affaire. La loi européenne de l’ePrivacy sur la protection des données personnelles est en discussion au Conseil européen. Il permettra à tous les Européens d’accepter ou de refuser d’un clic l’usage de leurs données personnelles. Sur Internet, ces données passent par des « cookies ». Ces fichiers invisibles permettent aux sites d’obtenir des informations sur leurs visiteurs : préférences, géolocalisation, fréquence des visites etc.

Médias et entreprises les exploitent, notamment pour permettre la publicité ciblée de façon anonyme.

Sans cookies, pas de revenus publicitaires

Dans le monde de la presse, une cinquantaine d’entreprises avaient adressé une lettre à Bruxelles en 2017. Ils protestaient contre la possibilité pour l’utilisateur d’interdire tous les cookies sur son ordinateur, en un clic unique. En l’absence des revenus publicitaires que permettent ces cookies, des journaux comme Les Echos, Le Monde ou encore Le Figaro craignent de voir leur modèle économique touché.

Chez les grandes sociétés technologiques, les pertes s’élèveraient à 640 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Une hypothèse avancée par le lobbyiste « The Developers Alliance » qui regroupe des entreprises telles que Facebook ou Google.

Une décision en un clic

Pour l’instant, les utilisateurs d’Internet décident à chaque première connexion sur un site s’ils acceptent les cookies, avant d’accéder au contenu. Avec ePrivacy, les internautes décideront une seule fois, lorsqu’ils ouvriront leur navigateur, et non plus site par site.

Eu Europe, la politique de protection des données électroniques varie selon les pays. ePrivacy est un projet de loi qui vise à créer une politique européenne commune sur le sujet. Le texte a été voté en octobre 2017 par le Parlement européen. Il aurait dû entrer en vigueur ce mois‐ci mais douze mesures parmi les vingt‐neuf de ce texte sont toujours en débat au Conseil de l’Union européenne et à la Commission européenne.