Zinédine Zidane, moins médiatisé mais toujours admiré

Longtemps très populaire en France, l'ancien joueur de football, qui vient de quitter le poste d'entraîneur du Real Madrid, est depuis quelques années davantage en retrait. 

C’était le 10 juillet 1998. La France s’apprêtait à jouer sa première finale de Coupe du monde de football, face au Brésil. A domicile, les Bleus avaient surmonté tous les obstacles, menés par un homme : Zinédine Zidane. A 26 ans, le Marseillais brille depuis le début de la compétition. Six mois avant de recevoir son unique Ballon d’Or, Zidane est déjà une idole des Français.

Libération publie alors un article titré “Zidane, icône de l’intégration”. S’il est alors l’un des Français les plus connus et les plus appréciés, le joueur de l’équipe de France reste une exception dans un pays encore très inégalitaire, déplore le quotidien. “Un fils d’immigrés est condamné à l’excellence pour que la société française le reconnaisse”, regrette alors Kofi Yamgnane, ex‐secrétaire d’Etat chargé de l’Intégration. “[Zidane] montre qu’on peut être musulman et Français à part entière”, estime pour sa part l’historien Benjamin Stora.

A une époque où le paysage médiatique français est presque intégralement blanc, Zinédine Zidane marque un tournant. Son visage et son nom sont associés à de nombreux produits. Dans les années 2000, la liste des sociétés qui le prennent pour égérie est longue : Adidas, Dior, Canal Sat, Leader Price, Danone, Volvic, Orange, etc. Entre 2003 et 2007, il est élu à six reprises personnalité préférée des Français. En 2004, il est élu, à égalité avec Charles Aznavour, meilleur “symbole d’une immigration réussie” dans un sondage publié par Le Parisien.

Les jeunes de banlieues le prennent vite pour modèle. “Zidane a fait plus par ses dribbles et ses déhanchements que dix ou quinze ans de politique d’intégration”, déclare en 1998 Sami Naïr, conseiller du ministre de l’Intérieur chargé de l’Intégration. C’est l’époque de la France black‐blanc‐beur, symbolisée par une équipe de France très métissée.

Mais les années passent et le poste d’entraîneur est bien moins médiatique que celui de meneur de jeu. Zinédine Zidane dégringole dans le cœur des Français. Trentième du classement des personnalités préférées des Français en juillet 2015, il chute à la 46e place en janvier 2016. Lors du dernier sondage, l’ex-numéro 10 des Bleus ne figurait même plus parmi les 50 personnes proposées aux sondés. Sur la touche lors des matchs du Real, Zinédine Zidane le devient donc également dans ce baromètre référence.

Pourtant, son aura reste importante, notamment dans les quartiers populaires. “Zidane ouvre le champ des possibles aux jeunes des banlieues, sa réussite fait rêver les jeunes en situation difficile, son itinéraire leur donne de l’espoir”, explique Zaihia Zeroulou, sociologue de l’immigration. Sa réussite en tant que coach s’ajoute ainsi à ses réalisations de joueur. Surtout, sa notoriété perpétue l’intérêt des jeunes de quartiers populaires pour sa carrière : “C’est une réussite visible, parce que le foot est extrêmement médiatisé”, ajoute Zaihia Zeroulou. Reste à voir si, sans club à entraîner, Zidane parvient à conserver cette popularité.