Après 40 ans derrière les barreaux, Michel Cardon sort de prison

Condamné à la réclusion à perpétuité en 1979 pour le meurtre de son voisin et emprisonné depuis 1977, l'un des plus anciens détenus de France a été libéré ce vendredi matin.

Il y est rentré à 26 ans. Il en sort à 67. L’un des plus anciens détenus de France, Michel Cardon, est sorti de prison ce vendredi matin après 40 ans de détention. Il aurait pu bénéficier de cette libération conditionnelle il y a 20 ans mais l’administration pénitentiaire, pour une raison inconnue, ne lui avait proposé aucun projet d’aménagement de peine.

Cet Amiénois de 67 ans avait été condamné en 1979 à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de son voisin, lors d’un cambriolage. Dans la nuit du 25 au 26 octobre 1977, il s’introduit avec un complice chez ce retraité invalide de 64 ans pour lui voler ses économies. Celui-ci se réveille et les deux hommes le tuent. Lors de leur procès, le procureur requiert la peine de mort mais ils sont finalement condamnés à la prison à vie.

S’en suit alors une détention solitaire. Il ne reçoit aucune visite jusqu’en 2016. Sa première visite c’est celle de son ancien co-détenu, qui décide de raconter l’histoire de Michel Cardon à La Voix du Nord. Face à l’histoire de ce détenu oublié et affaibli par un AVC et une surdité partielle, un avocat, Eric Morain, décide d’entreprendre d’obtenir sa libération. Il lui écrit une lettre publique.

« Cher Michel, la société qui vous a sanctionné a choisi aussi de vous oublier. Il n’y a pas qu’eux et je pense aussi à vos fils, à votre avocat, aux services de réinsertion, aux directeurs qui se sont succédé à Bapaume (prison où il est incarcéré depuis 20 ans, ndlr). Ça fait beaucoup. »

L’avocat rencontre le détenu et dépose une demande de libération conditionnelle. Il envoie également une demande de grâce à Emmanuel Macron.

Michel Cardon entre maintenant sous le régime de la libération conditionnelle jusqu’en 2022. Il devra pendant un an encore dormir chaque nuit dans un centre d’hébergement et de réinsertion.