Alexis Kohler visé par une enquête du parquet national financier

Le secrétaire général de l’Élysée fait l'objet une plainte de l'organisation Anticor pour « prise illégale d’intérêt », « trafic d’influence » et « corruption passive ».

Une affaire qui tombe mal. Le parquet national financier a annoncé ce lundi matin ouvrir une enquête contre le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler. Cela fait suite à une plainte déposée le 1er juin par l’association anticorruption Anticor, qui soupçonne le bras droit d’Emmanuel Macron de « prise illégale d’intérêt », « trafic d’influence » et « corruption passive » en lien avec les chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

L’Élysée soutient Kohler 

Le palais présidentiel a annoncé lundi en fin de matinée qu’Alexis Kohler « avait pris note » de la plainte déposée à son encontre par Anticor. L’Élysée affirme que les dénonciations de l’association reposent sur des « soupçons totalement infondés jetés sur [Alexis Kohler] à l’évidence en raison de ses fonctions. » La présidence ajoute que le secrétaire général de l’Élysée « communiquera au parquet l’ensemble des documents prouvant sa conduite respectueuse du droit dans toutes les circonstances de son parcours professionnel. »

Interrogé au sujet de cette plainte ce lundi matin sur La Chaîne Parlementaire-Public Sénat, le secrétaire général chargé des relations avec le Parlement Christophe Castaner a refusé de parler « d’affaire Kohler » : « Je ne qualifie pas d’affaire le fait que la structure Anticor, qui est habituée à cela, multiplie des initiatives qu’elle perd souvent », a‑t-il déclaré.

Conflit d’intérêts ?

Sur la base d’articles de Mediapart, l’association Anticor dénonce des liens familiaux et professionnels entre Alexis Kohler et un armateur italo-suisse, la Mediterranean Shipping Company (MSC), client important des chantiers navals français de Saint-Nazaire. L’entreprise a été cofondée en 1970 et est toujours dirigée par Rafaela Aponte, cousine de la mère d’Alexis Kohler.

Au début des années 2010. Alexis Kohler travaille alors pour l’Agence des participations de l’État (APE). À ce titre, il représente l’État au conseil d’administration des chantiers navals STX de Saint-Nazaire. En mai 2012, il rejoint Bercy, d’abord comme directeur adjoint du cabinet du ministre de l’économie d’alors, Pierre Moscovici, avant d’être promu directeur du cabinet lors de la nomination d’Emmanuel Macron en août 2014. « Le fonctionnaire se trouvait à des postes majeurs à Bercy alors que l’avenir de Saint-Nazaire y était l’objet de nombreuses réunions », souligne Le Monde. MSC était en effet devenue la principale cliente des chantiers navals français : « À chaque fois, MSC était une actrice-clé des discussions, ses commandes de paquebots pouvant d’un coup transformer l’avenir de Saint-Nazaire », ajoute Le Monde. Le quotidien souligne par ailleurs que l’actuel secrétaire général de l’Élysée a rejoint MSC comme directeur financier durant quelques mois après son départ de Bercy.