Ondes électromagnétiques : quatre smartphones épinglés

Ces modèles, signalés fin mai par l’Agence nationale des fréquences radio, dépassent les normes européennes. Néanmoins, leur dangerosité n'est toujours pas formellement avérée.

Ils n’étaient pas sur la même longueur d’ondes. L’Agence nationale des fréquences (ANFR) a révélé cette semaine que quatre smartphones, pourtant déjà commercialisés depuis plusieurs mois, ne respectent pas le seuil d’émission d’ondes électromagnétiques imposé en France et en Europe.

L’Echo Star Plus, l’Alcatel PIXI 4, l’Honor 8 et le Neffos X1 ont ainsi été incriminés par le gendarme français des fréquences. Dans l’Hexagone, la limite réglementaire du DAS, l’indicateur des ondes émises par nos téléphones, est de deux Watts par kilogramme (W/kg). Or, des mesures réalisées par un laboratoire accrédité ont révélé que ces quatre téléphones le dépassaient de 0,1 à 0,52 W/kg.

Les quatre modèles de téléphone épinglés par l’Anses

Trois d’entre eux vont pouvoir se mettre en conformité via une simple mise à jour logicielle, tandis que TP Link, le constructeur du Neffos X1, a d’ores et déjà lancé une campagne de rappel du produit, le problème ne pouvant pas être réglé à distance. Les clients pourront donc se voir échanger leur terminal gratuitement.

Cinq dépassements signalés depuis 2006

Depuis le début des contrôles en 2006, seul le smartphone Hapi30 d’Orange avait été épinglé par l’agence, en avril dernier. Une vive accélération des sanctions notamment due à l’adoption en 2016 de normes plus strictes au niveau européen. Auparavant, il était possible d’effectuer les mesures à une distance maximale de 25 millimètres. Aujourd’hui, et ce, afin de mieux tenir compte de l’usage du téléphone qui se trouve le plus souvent dans la poche de son utilisateur, cette distance est réduite à 5 millimètres.

Les mesures sont effectuées sur des tissus humains, quand l’appareil fonctionne à pleine puissance et dans les plus mauvaises conditions d’utilisation. Le niveau maximal du DAS est fixé en fonction du seuil à partir duquel on observe des modifications des tissus exposés, et notamment leur échauffement.

Si les exigences liées à l’exposition aux fréquences électromagnétiques ont été renforcées en France et en Europe, l’incertitude règne cependant quant aux conséquences réelles sur la santé. Elles n’ont jamais été démontrées avec certitude.

Principe de précaution

En matière d’ondes, le principe de précaution prime. Le phénomène est trop récent et les études scientifiques manquent de recul pour pouvoir tirer la moindre conclusion définitive. Ainsi en 2013, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement, et du travail (ANSES), publiait un avis dans lequel elle notait l’absence d’effets avérés sur la santé, tout en recommandant tout de même de prendre des précautions.

« L’Anses recommande de limiter les expositions de la population aux radiofréquences — en particulier des téléphones mobiles -, notamment pour les enfants et les utilisateurs intensifs, et de maîtriser l’exposition générale résultant des antennes‐relais », pouvait‐on lire dans le communiqué.

Plus précisément, l’Anses notait la présence d’éléments de preuve « limités », repérés chez l’animal, mais pas chez l’homme. Les ondes pourraient influer sur les fonctions cognitives, le sommeil et la fertilité masculine.

Le flou est d’autant plus opaque que deux ans plus tôt, le Centre international de recherches sur le cancer, relié à l’Organisation mondiale de la santé, a classé les radiofréquences électromagnétiques dans la catégorie des effets « potentiellement cancérogènes ». Concernant les ondes, mieux vaut donc prévenir que guérir.