A Paris, Netanyahu en campagne contre l’Iran

Le premier ministre israélien doit rencontrer Emmanuel Macron, pour évoquer l'accord sur le nucléaire.

Emmanuel Macron va tenter d’infléchir la position de Benjamin Netanyahu à propos de l’accord sur le nucléaire iranien, la seule sécurité des Européens contre la prolifération nucléaire dans la région. Le leader israélien est en visite à Paris ce mardi.

Cet accord, que les Etats‐Unis ont décidé de quitter le 8 mai dernier, prévoit que l’Iran abandonne toute ambition nucléaire militaire. En échange, l’Iran profite d’une levée des sanctions internationales afin de relancer son économie.

Le premier ministre israélien est sur la même ligne que Donald Trump. Il redoute que cet accord n’empêche pas l’Iran d’obtenir la bombe atomique. Pour Israël, une reprise économique favoriserait l’expansion régionale de l’Iran (Syrie, Liban, Irak) au détriment de sa propre sécurité.

Des positions irréconciliables ?

L’objectif de Paris est de compléter l’accord sur le nucléaire iranien en discutant avec Téhéran de ses activités balistiques et de son influence régionale. De son côté, Israël, sur une ligne plus raide, veut forcer l’Iran à renégocier l’accord nucléaire.

« Benjamin Netanyahu veut sortir du tête‐à‐tête avec Washington » et « contraindre a minima les Européens à renforcer l’accord existant », si besoin en réintroduisant des sanctions contre l’Iran, juge Laurent Khalfa, chercheur associé à l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) à Paris.

L’Etat hébreu compte pour cela s’appuyer sur deux leviers : l’axe entre Israël, l’Arabie Saoudite et les Etats‐Unis et la menace des sanctions américaines contre les entreprises européennes.

Une situation qui s’envenime

Dans ce contexte, le conflit entre Israël et les territoires palestiniens se trouve relégué au second plan. La situation dans la région s’est encore dégradée après la mort de 61 Palestiniens tués par des tirs israéliens le 14 mai dernier.

Le chef de l’Etat français avait demandé à Benjamin Netanyahu en décembre dernier de faire des « gestes » envers les Palestiniens. Depuis la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël, le processus de paix semble plus bloqué que jamais.

En France, des associations pro‐palestiniennes ont appelé à manifester mardi après‐midi contre Benjamin Netanyahu, coupable, selon eux, de « crimes de guerres ».