Favoriser l’intégration des étrangers : le gouvernement veut agir

Edouard Philippe a annoncé plusieurs mesures, notamment pour renforcer l'apprentissage du français par les réfugiés, un mois après l'adoption en première lecture de la loi Asile et immigration.

Le gouvernement a présenté ce mardi 5 juin son plan pour favoriser l’intégration des étrangers. Entre apprentissage renforcé de la langue française et accès facilité aux soins, l’exécutif veut pallier le manque d’ambition de la politique d’intégration actuelle. “Nous devons leur donner les moyens de maîtriser notre langue, de s’approprier nos valeurs républicaines, de travailler, de participer à la vie culturelle, de s’impliquer activement dans la société dans toutes ses dimensions”, a déclaré le Premier ministre à Matignon.

Premier objectif : accentuer l’apprentissage du français. Édouard Philippe a annoncé que les heures de cours de français seraient doublées à partir de 2019. Le volume ira jusqu’à 600 heures pour les personnes ne sachant ni lire, ni écrire. Pour les parents, il sera possible de bénéficier d’une garde d’enfant offerte par l’État, pour leur permettre d’assister à leurs cours de langue. Des certifications seront aussi délivrées pour attester de leur niveau et faciliter les recherches d’emplois.

Pour permettre l’insertion professionnelle des étrangers, un “sas linguistique et socio‐professionnel” de 3 à 6 mois va être mis en place. Des Pass culture de 500 euros seront distribués à tous les étrangers titulaires d’un titre de séjour.

L’accent est également mis sur la formation civique. De 12 heures, elle passera au double dès l’année prochaine. “Les valeurs de la République, la laïcité, l’égalité entre les femmes et les hommes” sont au programme.

En termes de santé, l’accès devrait être accru, notamment pour les syndromes psychotraumatiques chez les migrants.

Des mesures après la loi Asile et immigration

Ces annonces du Premier ministre sont faites un mois après l’adoption en première lecture de la loi Asile et immigration. “Laxiste” pour la droite, “inhumain” pour la gauche, le texte a divisé la classe politique. “Nous voulons un système d’asile plus rapide. Une politique d’éloignement plus efficace pour les étrangers en situation irrégulière. Une politique d’intégration digne de notre République pour tous ceux à qui nous donnons le droit de séjourner en France”, a déclaré Édouard Philippe ce mardi.

Les propositions du gouvernement s’inspirent en partie du rapport parlementaire d’Aurélien Taché, député La République en marche. Remis en février, le document s’intitule “72 propositions pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers arrivant en France”. Le coût de l’application des mesures proposées était estimé à 600 millions d’euros. Concernant le plan du gouvernement, aucun montant n’a été divulgué.