Les tensions entre Trump et certains sportifs américains perdurent

Donald Trump a annulé la réception, à la Maison Blanche, des Eagles de Philadelphie, les champions de football américain 2018, après que certains joueurs ont indiqué vouloir boycotter cette tradition.

“Notre président n’est pas un vrai patriote, mais un égomaniaque fragile obsédé par la taille de la foule.” Cette déclaration cinglante du maire de Philadelphie, Jim Kenney, fait suite à l’annonce de Donald Trump, ce mardi matin, d’annuler la venue des Philadelphia Eagles, vainqueurs du championnat de football américain 2018, à la Maison Blanche, comme le veut pourtant la tradition.

“L’équipe de football américain des Eagles de Philadelphie était invitée à la Maison Blanche. Malheureusement, seulement un petit nombre des joueurs avaient décidé de venir, et nous avons donc annuler l’événement. Rester dans les vestiaires pendant notre hymne national est aussi irrespectueux pour notre pays que de s’agenouiller. Désolé !”

Certains membres de l’équipe de Philadelphie avaient déjà fait part de leur volonté de boycotter la cérémonie. En cause : des désaccords profonds avec le président Trump sur de nombreuses déclarations, notamment sur les violences policières. Au-delà de la simple situation des Eagles, un conflit larvé oppose une grande partie des sportifs américains à Donald Trump depuis maintenant deux ans.

Colin Kaepernick, l’étincelle qui a embrasé le sport américain

En août 2016, le quarterback de l’équipe de football américain de San Francisco, Colin Kaepernick, avait lancé un mouvement d’une ampleur sans précédent dans le monde du sport US. Le joueur afro-américain avait décidé de ne pas chanter l’hymne américain, qui retentit avant chaque match, en mettant genou au sol en protestation à la mort d’Américains noirs sous les balles des policiers. Très vite, le geste est devenu symbolique et des centaines de joueurs afro-américains l’ont imité. Une tendance que Donald Trump s’est empressé de critiquer, allant jusqu’à traiter ces joueurs contestataires de “fils de p…”.

Images AFP

Le basket prend le relais

Outre les footballeurs américains, des stars du basketball ont également rejoint la fronde anti-Trump. Les plus grands joueurs de NBA, le championnat de basket américain, se sont indignés à plusieurs reprises contre les sorties de Donald Trump.

A commencer par le triple champion NBA LeBron James… A la suite du drame de Charlottesville en 2017, où une manifestation de suprémacistes blancs avait dégénéré et fait un mort du côté des militants antiracistes, le président américain avait tenu un discours polémique. Dans celui-ci, il indiquait que “les torts étaient des deux côtés”.  Choqué par ces propos, James avait alors rétorqué : “La haine a toujours existé aux États-Unis. Donald Trump l’a simplement remise à la mode.”

Le joueur de Cleveland s’était également fait remarquer cette même année lorsque les Golden State Warriors (équipe de basket de San Francisco) avaient glané le titre NBA. LeBron James s’était insurgé après que Donald Trump a annulé la traditionnelle visite des champions NBA à la Maison Blanche. La raison ? Les deux vedettes de l’équipe californienne, Stephen Curry et Kevin Durant, avaient exprimé publiquement leur choix de ne pas s’y rendre«Je ne veux pas y aller. C’est vraiment ça. C’est au cœur de mes croyances», avait d’ailleurs déclaré Stephen Curry en conférence de presse.

Devant la vague de réactions au geste de Colin Kaepernick, la NBA a interdit à ses joueurs d’imiter les footballeurs américains en s’agenouillant, sous peine de sanctions. Dans la même logique, la NFL (principale ligue de football américain) a pris le parti d’obliger, dès l’année prochaine, les athlètes à rester debout lors de l’hymne national.