Quatre personnalités sulfureuses du nouveau gouvernement italien

Après avoir prêté serment vendredi dernier à Rome, l'équipe dirigée par Giuseppe Conte se rend ce mardi au Parlement pour chercher sa confiance. Tour d’horizon des fortes personnalités qui le composent. 

Synthèse de deux philosophies politiques, le nouveau gouvernement italien défend aussi bien l’idéologie du M5S sur l’environnement, les nouvelles technologies ou la moralisation de la vie publique que le virage sécuritaire et anti‐immigation de la Ligue, alliée en Europe du Rassemblement national (ex‐FN) français, dont la présidente, Marine Le Pen, a salué l’arrivée de Matteo Salvini à l’Intérieur.

Ce gouvernement composé de membres du Mouvement 5 étoiles (M5S), de la Ligue (Lega, ex‐Ligue du Nord – extrême droite) et de personnalités indépendantes se présente aujourd’hui devant le Parlement pour chercher sa confiance.

  • Qui compose le gouvernement italien ?

18 ministres dont cinq femmes font partie de ce nouveau gouvernement. Les différentes forces politiques victorieuses aux dernières législatives y sont représentées de manière égale. Six ministres indépendants complètent le tableau.

Les personnalités sulfureuses de ce nouveau gouvernement italien : 

  •  Matteo Salvini (Lega) : Vice‐premier ministre et ministre de l’Intérieur.

A 45 ans, il est le leader de la Ligue (extrême droite). Il a mené campagne contre l’Union européenne et l’immigration massive, promettant une forte baisse des impôts et une levée des sanctions contre la Russie. Un positionnement qui n’est pas sans rappeler celui de Donald Trump aux Etats‐Unis. A peine nommé, il a prévenu que l’Italie ne pourrait pas être “le camp de réfugiés de l’Europe, garantissant néanmoins du “bon sens” pour éviter les naufrages et limiter les arrivées de migrants.

 

 

  •  Luigi Di Maio (M5S) : Vice‐premier ministre et ministre de   Développement économique et du Travail

Successeur de l’humoriste Beppe Grillo à la tête du Mouvement Cinq Etoiles (M5S), ce jeune homme de 31 ans incarne une normalité tranquille. Anti — système, il rejette le terme de «populiste», qu’il trouve «péjoratif». Luigi Di Maio prône la démocratie directe, la cyberdémocratie, la lutte contre l’austérité budgétaire et l’immigration massive. Contrairement à la Ligue, le M5S s’est gardé, pendant la campagne, de toute surenchère sur la question européenne ainsi que sur l’immigration.

 

 

  •  Lorenzo Fontana : Ministre de la Famille et du Handicap

Membre de la Ligue, proche du catholicisme intégriste et grand adversaire du mariage homosexuel et de l’avortement. Le soir même de l’investiture, Lorenzo Fontana a déclaré au Corriere della Sera : ” Les familles arc‐en‐ciel n’existent pas dans la loi italienne “. Sa sympathie avec les mouvements néo‐nazis et néo‐fascistes est également soulignée.

 

 

  •  Paolo Savona (Indép.) : Ministre des Affaires européennes

Cette économiste de 81 ans défend des positions anti‐euro. Ses critiques contre l’Allemagne lui ont fermé les portes du ministère de l’Economie et des Finances. ” Les difficultés de l’Europe sont dues aux élites qui la dirigent. Elles disent s’occuper du peuple mais elles ne s’occupent que d’elles-mêmes “, souligne M. Savona. Pour l’ancien ministre des Finances Vincenzo Visco, ses positions ” sont de manière radicale et suicidaire anti‐allemandes “.

 

 

 

  •  Le reste des ministres du gouvernement Conte :

Giancarlo Giorgetti (Lega) : Secrétaire d’État à la présidence du Conseil des ministres
Giovanni Tria (Indép.): Ministre de l’Economie et des Finances
Enzo Moavero Milanesi (Indép.): Ministre des Affaires étrangères
Alfonso Bonafede (M5S): ministre de la Justice
Elisabetta Trenta (Indép.): Ministre de la Défense
Riccardo Fraccaro (M5S) : Ministre des Relations avec le Parlement et la Démocratie directe
Giulia Bongiorno (Lega) : Ministre de la Fonction publique
Giulia Grillo (M5S): Ministre de la Santé
Erika Stefani (Lega): Ministre des Affaires régionales et de l’Autonomie
Barbara Lezzi (M5S): Ministre du Sud
Sergio Costa (Indép.): Ministre de l’Environnement
Lorenzo Fontana (Lega): Ministre des Handicapés et de la Famille
Gian Marco Centinaio (Lega): Ministre des Politiques agricoles, alimentaires et forestières
Danilo Toninelli (M5S): Ministre des Infrastructures et des Transports
Alberto Bonisoli (M5S): Ministre des Biens et Activités culturels et du Tourisme
Marco Bussetti (Indép.): Ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche