Théo Luhaka et ses frères en garde à vue pour escroquerie

Les enquêteurs de la Sous-direction de la police judiciaire (SDPJ) de Seine-Saint-Denis les soupçonnent d'avoir perçu illégalement des aides d'État.

Théo Luhaka fait de nouveau l’actualité. Le jeune homme, victime de violences policières en 2017 à Aulnay-sous-Bois, a été placé en garde à vue ce mardi matin avec ses trois frères. L’affaire concerne le travail associatif du frère de Théo, Michaël Luhaka. Il est soupçonné d’avoir embauché des personnes sous contrats aidés, sans leur verser de salaires. L’Urssaf n’aurait également jamais perçu de cotisations sur ces contrats.  Pour ces recrutements, l’homme de 34 ans aurait, quant à lui, perçu des subventions publiques. Quelque 678 000 euros pour Aulnay Events, une des associations de Michaël Luhaka, entre 2014 et 2016. Huit membres de la famille auraient touché en tout 170 000 euros, dont près d’un tiers serait revenu à Théo.

Les activités de trois associations interroge l’inspection du travail depuis plusieurs années. Elle a donné un premier signalement en 2015. Un an plus tard, une enquête était ouverte. La police judiciaire a décidé d’arrêter les suspects ce mardi 5 juin.

Une affaire médiatique

L’avocat de la famille Luhaka, Maître Antoine Vey, défend une simple mauvaise gestion. Il dénonce aussi un “coup médiatique” de la justice. L’associé d’Éric Dupont-Moretti regrette que deux affaires se confondent : en février 2017, le jeune Théo avait été blessé par des policiers à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Le jeune homme de 22 ans a souffert d’une déchirure anale à la suite d’un coup de matraque téléscopique. Quatre agents ont depuis été mis en examen, dont l’un pour viol.

Antoine Vey a d’ailleurs déclaré que l’état de santé de Théo n’était pas compatible avec une garde à vue. Le jeune homme a subi une opération la semaine dernière, consécutive à ses blessures.