Cyberattaques : Londres accuse les services de renseignements russes

Le ministre des affaires étrangères britannique, Jérémy Hunt, a accusé les services de renseignements russes de mener des opérations « sans foi ni loi » dans le but de « saper la stabilité internationale ».

Nouvelle escalade des tensions entre Londres et Moscou. Le ministre des Affaires étrangères britannique a accusé les services de renseignement militaires russes (GRU) d’avoir mené des cyberattaques visant à la fois des institutions politiques, sportives, des entreprises et des médias à travers le monde. Des attaques réalisées selon lui « au hasard et sans foi ni loi » et contre lesquelles il s’est montré déterminé : « Notre message est clair. Avec nos alliés, nous révèlerons et répondrons aux tentatives du GRU de saper la stabilité internationale. »

« Ce type de comportement démontre leur désir d’opérer sans tenir compte du droit international ou des normes établies et d’agir avec un sentiment d’impunité et sans considérer les conséquences », a dénoncé Jérémy Hunt. Des opérations qui ont « affecté des citoyens dans de nombreux pays, dont la Russie, et coûté des millions de livres aux économies nationales », a‐t‐il ensuite précisé.

Moscou soupçonné d’être derrière les attaques

Selon le Centre national de cybersécurité (ou National Cyber Security Centre, NCSC en anglais), le GRU serait responsable de l’attaque du Parti démocrate aux Etats‐Unis lors de la campagne présidentielle américaine de 2016 qui avait vu la défaite de sa candidate, Hillary Clinton. Il est également accusé d’avoir fait fuiter des documents confidentiels auprès de l’Agence mondiale antidopage (AMA) ou encore d’une attaque informatique contre l’aéroport d’Odessa en Ukraine.

Selon une source gouvernementale britannique, le GRU serait associé à plusieurs groupes de pirates, comme « Fancy Bear » ou « Sandworm », souvent présentés comme proches des autorités russes. «Compte tenu du haut niveau de confiance de (cette) évaluation et du contexte, le gouvernement britannique estime que le gouvernement russe — le Kremlin — est responsable», a ajouté cette source.

L’Australie a apporté son soutien à la Grande‐Bretagne ce jeudi matin en appuyant ces accusations. « L’armée russe et son bras de renseignement, le GRU, est responsable de cette cyberactivité malveillante » a affirmé le gouvernement australien.

Cette prise de parole de Londres survient dans un climat tendu entre la Grande‐Bretagne et la Russie. Theresa May avait accusé au mois de septembre le GRU d’être derrière l’empoisonnement d’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille le 4 mars dernier.