Rudy Gobert, la relève française en NBA ?

A 26 ans, Rudy Gobert est l’un des onze Français présents en NBA pour la saison 2018-2019, qui démarre ce mardi. Élu meilleur défenseur de la principale ligue de basket mondiale lors de l'exercice précédent, le pivot de l'Utah Jazz a déjà prévenu : « ça va être ma meilleure saison ».

À l’aube de sa sixième saison en NBA, il semble loin le temps où Rudy Gobert alias Gobzilla, jouait au Cholet Basket… Pour Thierry Chevrier, actuel président du club français, Rudy Gobert est aujourd’hui « la tête de pont du basket français ». Il se souvient encore de l’arrivée du jeune homme au centre de formation choletais. Il est alors plus petit que ses camarades, mais au vu de ses aptitudes et de la taille de son père, basketteur professionnel, il voit en lui un grand potentiel. « C’était un pari », confie Thierry Chevrier. Sa petite taille lui permet de jouer dans un premier temps en ailier avant de se retrouver en intérieur. « Ça lui a permis d’avoir une meilleure connaissance du jeu dans sa globalité », remarque le président du club qui décrit le basketteur comme un individu intelligent, travailleur et « qui n’a pas pris la grosse tête ». « On sentait chez lui une soif de réussir. Il n’a pas de limites ».

Après avoir intégré le prestigieux championnat nord‐américain en 2013, Rudy Gobert connaît un tournant majeur dans sa carrière en octobre 2016. Cette année‐là, Quin Snyder, l’entraîneur de l’Utah Jazz renouvelle sa confiance envers le basketteur français. Il lui propose un contrat de 102 millions de dollars sur quatre ans. Rudy Gobert, qui n’a que 24 ans et n’a alors encore jamais joué les play‐offs (ndlr, séries éliminatoires de la NBA) devient le sportif français le mieux rémunéré au monde. Depuis, ses statistiques progressent année après année. Le basketteur est aussi bien présent en défense – 10,7 rebonds de moyenne l’an passé, ce qui explique entre autres sa récompense de meilleur défenseur de la ligue – qu’en phase offensive – 13,5 points de moyenne. « Ce qu’il fait pour l’équipe et la manière dont il s’est développé annoncent de grandes choses à l’avenir pour lui », déclarait déjà son entraîneur en avril 2017. Du haut de ses 2m16 et de sa pointure 53, le numéro 27 de l’Utah Jazz a la plus grande envergure de la NBA, avec 2m36. « Avoir un joueur de sa taille et de sa qualité athlétique c’est quelque chose d’extrêmement rare. Et c’est ça qui paye aujourd’hui », confiait quelques mois plus tard Boris Diaw, son compatriote et coéquipier chez les Jazz. Ambitieux, le joueur ne s’intéresse pas spécialement à ses statistiques. « Je veux gagner des titres de champion, je veux marquer l’histoire », annonçait‐il il y a une semaine en conférence de presse d’avant-saison.

De Saint‐Quentin à Salt Lake City

Petit, Rudy Gobert faisait volontiers savoir que son objectif était de jouer en NBA. Mais le Français ne s’est pas toujours entraîné sur le parquet de Salt Lake City. C’est au club de Saint‐Quentin (Aisne), sa ville de naissance, qu’il marque ses premiers paniers. Il a alors 11 ans. Élevé par sa mère seule, dans un milieu modeste, il est très rapidement repéré et intègre à 13 ans le Pôle Espoirs Amiens (Somme). En 2007, malgré un bon niveau, il est recalé à l’entrée de l’Insep (Institut national du sport de l’expertise et de la performance). Cette déception passée, il intègre le Cholet Club la même année. Il est alors âgé de 15 ans.

Double médaillé de bronze de la Coupe du monde 2014 et de l’Eurobasket 2015, le pivot de Utah Jazz semble avoir le champ libre pour assurer la relève française en NBA. TonyParker, fraîchement transféré à Charlotte, arrive sur ses dernières années. Joakim Noah, après plusieurs mois passés sans jouer, a fini par acter son départ des New‐York Knicks . La concurrence française s’est donc amoindrie, mais les obstacles restent encore nombreux pour Rudy Gobert. Après une blessure à la cheville en avril 2017, le joueur a été blessé au genou à deux reprises quelques mois plus tard, ce qui lui aura coûté sa sélection au All Star Game que l’ancien Choletais n’a toujours pas eu la chance de disputer. Un objectif de plus pour cette nouvelle saison.

 

Crédit photo: AP Photo/Rich Pedroncelli