Nadia Mimoun : « Nous voulons donner du sens et fournir un cadre à l’activité physique quotidienne »

Inclus dans le plan national de santé publique présenté en septembre dernier, le projet de « stratégie nationale sport santé » est piloté par les ministères de la santé et des sports. Il vise à promouvoir l’activité physique et sportive dans un cadre thérapeutique mais aussi à l’intégrer dans le quotidien des français. Nadia Mimoun, chargée de missions au ministère des sports explique ses ambitions.

Quel rôle veut jouer le ministère des sports dans l’accès aux activités sportives thérapeutiques ?

Le sport est une activité physique parmi d’autres et il est conseillé qu’il soit compétitif ou non. Quel que soit le niveau de pratique, ce qui compte c’est de proposer des sports qui soient adaptés à chacun, selon sa condition physique et ses capacités. Nous voulons donner du sens et fournir un cadre à l’activité physique quotidienne. C’est un enjeu de santé publique dans lequel nous avons des responsabilités à prendre. Nos fédérations sportives se sont déjà saisies de la question. Elles sont une cinquantaine aujourd’hui à proposer de l’activité physique adaptée (APA) aux patients atteints de maladies chroniques.

Quels sont les objectifs de ce plan pour promouvoir la prescription de l’activité physique ?

Cette stratégie est articulée autour de quatre axes mais deux précisément concernent la prescription de l’activité physique. Le premier correspond à la prévention primaire. Il concerne le grand public et l’activité physique et sportive, au quotidien. Le deuxième axe concerne la prévention secondaire et tertiaire où l’enjeu est d’adapter l’activité physique et sportive à des publics qui ont des besoins spécifiques, tels que les patients atteints de maladies chroniques. Nous voulons aussi protéger les individus des risques de la pratique sportive et mettre en place un système de prévention efficace. Le dernier pilier de ce plan permettra l’évaluation des mesures mise en place, pour mieux apprécier l’efficacité de notre stratégie et faire des ajustements si besoin.
Par ailleurs, nous menons le projet des « maisons sport santé ». C’est un objectif pour les ministères des sports et de la santé. Ce sont des lieux qui doivent accueillir le public, évaluer la condition physique, l’état, le niveau de motivation des individus et enfin, orienter vers les structures adaptées pour une pratique d’activité physique pérenne pour tous. Sur le terrain, ces structures existent sûrement mais il faut aujourd’hui les identifier, les référencer et les encadrer.

La question du financement de l’activité physique comme une thérapie non médicamenteuse reconnue par les autorités de santé, peut remettre en question vos ambitions. À combien estimez vous le coût de ce projet et comment comptez vous le financer ?

Pour l’instant, je ne peux pas vous le dire, parce que nous ne savons pas. Nous sommes en pleines concertations donc il faudra attendre le début de l’année 2019 pour connaître le coût de ces mesures. Mais nous comptons sur la synergie entre les acteurs concernés, comme la conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées (CFPPA), les mutuelles, et les collectivités locales pour organiser et mettre en place ces mesures.

Le Comité national olympique du sport français (CNOSF), pionnier du sport-santé

Depuis une décennie, les initiatives se sont multipliées pour créer des activités sportives adaptées aux malades chroniques.
Si l’activité physique et sportive est reconnue depuis 2016 dans la loi, comme une thérapie non médicamenteuse, les pouvoirs publics ont tardé à se saisir de cet enjeu de santé publique.
Le comité national olympique du sport français a été l’un des premiers acteurs à intégrer la dimension thérapeutique du sport. Depuis 2009, la commission médicale du Comité national olympique et sportif français a permis à une cinquantaine de fédérations sportives de proposer de nouvelles pratiques adaptées aux besoins et aux capacités des malades chroniques. L’activité physique adapté (APA) ou « sport santé » participe à la prévention des pathologies et permet aux malades de créer du lien social.
Mais il souhaite désormais aller plus loin. Alain Calmat, le président de la commission médicale du CNOSF, a annoncé ce mercredi la présentation, le 3 décembre prochain, du livre Le Médicosport-santé en partenariat avec les éditions Vidal, renommés pour leur dictionnaire répertoriant les médicaments disponibles sur le marché. « Le vidal du sport » sera mis à la disposition des médecins et des professionnels de l’APA, pour les guider dans leurs prescriptions à travers des fiches techniques sur chaque sport.

Crédit photo : Ministère des sports et de la santé