Taekwondo senior, le high‐kick plutôt que l’arthrite

Au No Boudo Taekwondo Club, les seniors entretiennent leur forme et leur esprit en pratiquant le taekwondo grâce à un entraînement adapté. 

Salut traditionnel, échauffement, coups de poings et de pied s’enchaînent sur les tatamis de la salle Guilleminot, dans le XIVe arrondissement de Paris. Une dizaine de taekwondokas motivés évoluent sur les tapis verts et rouges de la petite salle, tous âgés de plus 60 ans. Le No Boudo Taekwondo club est en effet réservé aux seniors depuis sa création en 2010. 

La plupart des adhérents ont commencé cet art martial coréen à la retraite, grâce à l’initiative “Sénior +“ de la ville de Paris qui propose des activités sportives gratuites pour les plus de 55 ans. « Mais nous avions envie d’approfondir et de dépasser la simple initiation », explique Georges, 70 ans, qui a finalement obtenu sa ceinture noire en juin dernier.

« Je fais les choses tranquillement », confesse Françoise, 65 ans, avant le début de la séance. Adepte depuis cinq ans, la retraitée porte désormais une ceinture rouge, dernière couleur avant la noire. Elle précise : « on ne fait pas de compétition, on vient pour se faire plaisir », ce qui ne l’empêche pas de s’appliquer sur chaque mouvement. 

« N’oubliez pas de bien respirer. Vous pouvez également faire un kiap (cri accompagnant certains mouvement d’art martial, ndlr) si vous le sentez » conseille l’entraîneur Arnaud Rollet. « Allez‐y à votre rythme », répète‐t‐il pour encourager ses élèves. Dominique, pratiquante depuis deux ans, resserre sa ceinture jaune de débutante avant de s’entraîner sur un coup de genou inspiré des techniques de self‐defense. « Tu imagines que tu prends la tête de ton adversaire et paf, tu la colles sur ta rotule », lui explique sans détour une de ses camarades ceinture rouge. Un conseil fructueux puisque Dominique acquiert aussitôt le geste technique. 

De multiples bienfaits 

Les bienfaits du taekwondo sont nombreux pour les seniors : équilibre, coordination, souplesse et confiance en soi. « Il y a huit ans, certains marchaient le dos courbé et aujourd’hui, il se tiennent droits », insiste Georges. Dominique complète : « quand on devient âgé, c’est important d’être souple, de savoir chuter correctement. » Le cours demande aussi concentration et mémoire. « Qui se souvient du nom de ce coup de pied ? », interroge Arnaud qui oblige ainsi ses élèves à retrouver le nom coréen de la technique. Mais plus important encore, « ça nous donne aussi beaucoup confiance en nous », confie Françoise. 

Le pari du taekwondo pour seniors était loin d’être gagné pour Arnaud Rollet, passionné d’arts martiaux depuis plus de vingt ans, qui a peiné à imposer son idée en 2010. Très investi, il interrompt sa pause de midi pour venir entraîner ses élèves dont il se dit « très fier et même épaté. » La séance s’achève sur l’habituel salut coréen « Sabum Nim Ke ! »