La natation synchronisée mixte interroge les stéréotypes de genre dans le sport

Le prochain film de Gilles Lellouche, Le Grand Bain, met en scène une équipe masculine de natation synchronisée. L’occasion d’assister à l’entrainement de Paris aquatique, groupe mixte pratiquant ce sport.

A la piscine Georges Vallerey, une kyrielle de jambes sont tendues et tirées vers le haut. En rythme, des femmes et des hommes répètent une chorégraphie faisant jaillir l’eau chlorée du bassin. Tous font partie de Paris aquatique. Un club parisien réunissant hommes et femmes en natation synchronisée. Yannick, responsable de la section « synchro » depuis trois ans explique : « à la base on a mélangé les femmes et les hommes car les deux groupes séparés n’étaient pas assez nombreux. C’était naturel de les réunir ».

Exclusivement féminine aux Jeux Olympiques, cette discipline, aussi appelée « natation artistique », s’ouvre peu à peu aux hommes. Et Paris aquatique n’y est pas étranger. Après les Gay Games d’Amsterdam en 1998, Paris aquatique fut le premier en France à encourager des hommes à se lancer, avant de pousser la fédération à ouvrir ses championnats à la mixité en France dans les années 2000. Cette année encore, le club parisien a participé aux Gay Games à Paris. Yannick a bon espoir sur l’ouverture de la discipline : « il y a un gros lobby pour intégrer des hommes en synchro’ aux compétitions comme les Jeux Olympiques ». Et si le nouveau film de Gille Lellouche, Le Grand Bain, qui sort le 24 octobre était une nouvelle étape pour la natation synchronisée mixte ? Le film suit une équipe masculine  réunissant Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Jean-Hugues Anglade et Philippe Katherin. Paris aquatique a d’ailleurs joué l’équipe adversaire dans le film. « Un film très sympa, qui utilise la natation synchronisée pour parler de la virilité » constate Yannick.

Artistique et sportif

Avant d’enfiler son bonnet de bain, Daniel, 32 ans, s’échauffe dans « la salle parquet ». Cela fait trois ans que cet ancien nageur s’est mis à la natation artistique : « j’en avais marre d’enchaîner les longueurs, et quand j’ai vu que le club proposait des entrainements ouverts à tous, j’ai essayé ! » déclare-t-il. Daniel dit se sentir très à l’aise dans cet environnement « stéréotypé féminin ». « On est très complémentaire, on vient comme on est et la chorégraphie fait la cohésion », « c’est à la fois sportif et artistique » assure Marion, aussi membre de l’équipe. Echauffement terminé, place à la pratique dans le bassin. Les longueurs s’enchaînent, quelques bonnets de bains apparaissent à la surface de l’eau… impossible de distinguer le genre des sportifs. La chorégraphie n’en n’est, finalement, que plus belle.