#Metoo, un an après : l’engouement des femmes pour le Krav‐Maga

A l’heure de la mobilisation accrue des femmes contre le harcèlement de rue, elles sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers le krav-maga, une discipline de combat rapproché israélienne.

« Face aux agressions et au harcèlement de rue, il faut non seulement s’exprimer, mais aussi agir, concrètement. Pour moi, c’est passé par la pratique du krav‐maga puisque j’ai appris à me défendre et à m’affirmer ». Alexandrine Barthomeuf, co‐autrice du livre Le Krav‐maga au féminin paru en août dernier, s’est tournée vers cette discipline de combat suite à une agression. Objectif : « se reconstruire et cesser d’être une victime », explique la blogeuse lyonnaise de trente‐quatre ans.

Le krav‐maga, qui signifie en hébreu « combat rapproché », séduit un nombre croissant de femmes en quête de confiance en elles, comme Alexandrine. Un élan qui a pris une ampleur inédite dans tout l’hexagone depuis l’éclatement de l’affaire Weinstein en octobre 2017 et la campagne #Metoo qui a suivi. En effet, la méthode d’autodéfense d’origine israélo‐tchécoslovaque créée par Imi Lichtenfeld combine des techniques provenant de la boxe, du judo et de la lutte pour apprendre à se défendre face à un assaillant.

Deux fois plus de femmes aujourd’hui

« Depuis un an, j’ai assisté à une hausse phénoménale d’inscriptions de femmes dans les cours », a constaté Steve Schmitt, président de la Fédération européenne de krav‐maga, implantée à Paris et à Lyon. « Il y a trois ans, on était à 20 % alors qu’aujourd’hui, la moitié des élèves sont des femmes. Ce chiffre peut grimper à 70 % ». Et pour cause, le sport de combat fournit « aux femmes les outils pour se défendre lors d’un danger, comme mettre un doigt dans la gorge, et leur apprend à s’imposer », a‐t‐il expliqué.

C’est notamment ce qu’a retenu Elise Bamc après une année de pratique de krav‐maga dans le 8arrondissement de Paris. Si elle manquait de confiance en elle il y a encore quelques mois, elle estime être « transformée ». « Je m’impose vraiment davantage maintenant, je n’ai plus peur de marcher dans la rue parce que j’ai acquis de véritables réflexes pour réagir. En soirée par exemple, je n’ai plus peur de repousser des harceleurs, c’est devenu naturel », se réjouit‐elle. Et d’ajouter : « pendant mes cours, j’ai surtout appris à prendre du recul, à ne pas céder à la colère face aux agressions pour être le plus efficace possible dans ma défense ».

« J’ai été sauvée par le krav‐maga »

« Se sentir moins vulnérable », c’était aussi l’objectif de Sandrine Barraud lorsqu’elle s’est tournée vers le krav‐maga il y a quelques années.  « On apprend à voir les coups arriver et on répète des mouvements, à force de les faire, ils deviennent naturels. Aujourd’hui, lorsque je marche dans la rue, je pense que je repousse les hommes grâce à ce que je dégage », glisse‐t‐elle.

Et si le krav‐maga permet aux femmes de s’affirmer, il peut également s’avérer « concrètement utile ». Victime d’une agression dans la rue en juin dernier, Lisa Chalel estime avoir été « sauvée par le krav‐maga ». « Il m’a rendue suffisamment sûre de moi pour oser me défendre et en répétant sans cesse les mêmes techniques à l’entraînement, ces gestes sont devenus des automatismes. Je me suis rendue compte lors de cette agression que même en dehors des zones sécurisées du gymnase, je pouvais me servir de ce que j’avais appris ».

Crédit photo : U.S. Air Force photo / Senior Airman Jon McCallum