Soupçons de trucage : Éric Dupond‐Moretti défendra l’Étoile-Rouge de Belgrade

Le cabinet d’avocats Dupond-Moretti & Vey a confirmé mercredi 17 octobre qu’il allait défendre l’équipe de l’Étoile-Rouge de Belgrade soupçonnée de trucage lors d’une rencontre le 3 octobre avec le PSG. L’équipe avait alors perdu 6 à 1 face au club de la capitale.

 

Mercredi 17 octobre, Me Éric Dupond‐Moretti a confirmé qu’il défendra l’Étoile-Rouge, comme l’avait révélé le quotidien serbe Politika peu avant. Le club de Belgrade est soupçonné d’avoir truqué le match qui l’opposait au PSG en Ligue des champions, il y a deux semaines. Le 12 octobre dernier, le journal l’Équipe révélait l’ouverture d’une enquête judiciaire par le parquet national financier de Paris quelques jours avant ce match. 

Peu avant la rencontre entre les deux équipes le 3 octobre, un informateur aurait alerté l’UEFA, l’instance dirigeante du football européen, qu’un « très haut dirigeant » du club serbe aurait misé 5 millions d’euros sur la défaite de son équipe avec cinq buts d’écart. Pour parvenir à ce résultat, plusieurs joueurs titulaires de l’équipe auraient été mis dans le coup. Ce soir là, le PSG s’impose 6–1, avec une triplé de Neymar. Le club serbe dément tout trucage et décide de contre‐attaquer en engageant le célèbre « Acquittator » pour défendre leur cause et se blanchir de toute accusation. Le club envisage même de porter plainte contre le quotidien sportif français.

Dupond‐Moretti et le sport 

L’affaire de l’Étoile-Rouge n’est pas le premier coup d’essai de l’avocat pénaliste, qui est un habitué des affaires ultra médiatisées du monde sportif. Il y a 25 ans il était déjà au cœur de la fameuse affaire VA‐OM : c’est lui qui avait défendu le joueur de Valenciennes Jacques Glassmann, premier à révéler son implication dans le trucage du match de championnat. En octobre 2012, Eric Dupond‐Moretti avait assuré la défense du handballeur français Nikola Karabatic dans une affaire de paris suspects autour d’un match présumé truqué entre Cesson et Montpellier (où évoluait alors Karabatic) en mai de la même année. Il n’avait pas pu empêcher la condamnation de son client à deux mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende.

Toujours présent pour les affaires juteuses et scandaleuses, il devient l’avocat de Karim Benzema en 2016 dans l’affaire Zahia. Accusé de « sollicitation de prostituée mineure », il sera relaxé. Il est actuellement revenu défendre le joueur du Real Madrid pour l’affaire de la « sextape » avec Mathieu Valbuena. Le célèbre avocat va aujourd’hui « défendre l’honneur » et « insister pour que la vérité soit établie », insiste le club de l’Étoile-Rouge. 

Crédit caricature : Pierre Garrigues