50 ans du « Fosbury flop » : retour sur ces gestes qui ont marqué l’histoire du sport

Il y a 50 ans, l’athlète américain Dick Fosbury révolutionnait le saut en hauteur. Son saut, le "Fosbury flop", devient la norme de la discipline. Cette invention de l'athlète n'est pas la seul de l'histoire du sport.

Le 19 octobre 1968, aux Jeux olympiques de Mexico, Fosbury remporte l’or en passant la barre des 2,24 mètres grâce au « Fosbury flop ». Alors que le saut en hauteur se faisait traditionnellement ventre vers le sol : Dick Fosbury saute dos à la barre, face au ciel. Dans un premier temps, les juges lui refusent son saut. Rien n’y fait : il est conforme au règlement car Fosbury fait bien son appel sur un seul pied. L’athlète décroche le titre et le record olympique, éclipsant par la même occasion l’arrivée des premiers coureurs du marathon dans le stade. Permettant de sauter plus haut, le “Fosbury flop” s’est rapidement démocratisé dans la discipline.

Avant Griezmann, Panenka

Dans la liste des gestes techniques inspiré par les athlètes, sans surprise, un certain nombre viennent du football. Le 20 juin 1976, la Tchécoslovaquie rencontre l’équipe de République fédérale d’Allemagne (RFA) à Belgrade pour la finale de l’Euro. Deux partout à la fin du temps règlementaire, place aux tirs au but. Le Tchèque Antonin Panenka prend le pari que le gardien se lancera sur un côté, il décide de tirer au milieu des cages. La frappe permet à la Tchécoslovaquie de sortir victorieuse du match. Ce qu’on appèle désormais la « Panenka » sera reprise par Zinédine Zidane lors de la finale de la Coupe du Monde 2006.

Feinter à la Madjer

Autre révolution dans le style, en 1987. L’international algérien Rabah Madjer porte le numéro 10 du FC Porto lors de la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions face au Bayern. Sur une passe, Madjer laisse passer volontairement la balle entre ses jambes pour la talonner directement entre les poteaux. Aujourd’hui, « la madjer » est une feinte enseignée dans les écoles de football pour mettre un but « au moment où on ne l’attend pas ».

Vuarnet avant les lunettes

Le football n’est pas la seule source d’innovation sportive. Quand il remporte le titre olympique en 1960 à Squaw Valley, en Californie, Jean Vuarnet met en place une technique de glisse inédite. Lors de l’épreuve de descente, la position « de l’œuf » donne au skieur l’aérodynamisme dont il a besoin pour distancer tous ses adversaires. Puisqu’une seule nouveauté n’est jamais suffisante, Jean Vuarnet est également le premier skieur à remporter un titre sur skis métalliques.

Le saut du patineur

Axel Paulsen n’a jamais réussi a expliquer comment il a fait pour révolutionner le patinage artistique, pourtant il l’a fait ! Quand le patineur norvégien remporte les championnats du monde à Vienne en 1882, il invente un saut d’un nouveau genre : « l’axel » original. Un saut d’un tour et demi en vol, exécutés sur glace avec des patins de vitesse plutôt que des patins artistiques (sinon ce serait trop facile). Aujourd’hui les compétitions officielles de patinage artistique regorgent de doubles et triples axels. Exemple avec la patineuse Mirai Nagasu aux Jeux 2018 de Pyeongchang :

La trace « JPP »

En décembre 1986, enfin, Jean‐Pierre Papin affronte le Racing Club de France avec son équipe de l’Olympique de Marseille. Sur une passe transversale de son coéquipier Jean‐Louis Zanon, Papin récupère, frappe la balle à la volée et marque : la « papinade » est née. Il réitère ensuite son geste de nombreuses fois, comme ci‐dessous avec les Bleus, face à l’Espagne lors des éliminatoires de l’Euro 92. Il n’a rien inventé, mais laissons‐lui le mérite d’avoir attaché son nom à un tir…