On a cogné pour vous — haches attack

On a testé pour vous ... le lancer de haches. Geste tranchant, jeu marteau.

Notre rédaction a tranché. La tâche ardue de partir en investigation exclusive revient aux deux rédactrices en chef, Marie et Sarah : la lourde responsabilité de l’immersion lancer de haches.

Grâce à mon expérience de six années au Canada, à poursuivre les caribous, me rouler dans le sirop d’érable, à vivre sous‐terre et à partir chasser sur le Mont Royal, je me devais de réveiller la bûcheronne qui sommeille en moi.

Après un roadtrip estival en Scandinavie, j’étais, quant à moi, persuadée d’être capable de devenir cheffe viking l’espace d’une demi‐heure…

Dans un hangar du quartier de la Goutte d’Or, se trouve le bar à haches des Cognées.

Nous pénétrons dans le local via une porte de garage, et sommes accueillies par un jeune homme aux pieds traînants, qui aurait visiblement aimé consacrer sa soirée à d’autres activités.

On nous avertit d’emblée qu’il n’est hélas pas possible de venir avec sa propre hache.

(Choquées, déçues.)

Il est encouragé de s’échauffer et de prendre connaissance des mesures de sécurité avant de commencer afin de ne pas tuer son adversaire par mégarde. Ma coéquipière Sarah reste donc abritée derrière un pupitre…

(un peu intimidée).

Sûre de moi et de mes compétences impressionnantes de femme forte et indépendante qui n’a pas besoin de bûcheron pour lancer sa hache, je m’avance décidée et le regard fier sur la piste, seule face à la cible.

D’un long coup d’épaule, la hache fend l’air et vient buter violemment contre la cible…avant de rebondir et s’écraser à mes pieds. Je manque donc de me faire amputer des doigts de pieds de ma propre initiative.

Et moi de me prendre un coup au moment où la hache de Marie vient chercher son élan loin derrière sa tête.

Encore. Et encore. Moi qui pensais que la principale difficulté serait de viser juste, il s’agit surtout d’arriver à convaincre sa hache de bien vouloir se planter dans sa cible.

Je tente le lancer à la canadienne, à deux mains. Échec. Je tente à l’envers. Échec. Par en‐dessous. Échec.

À nos côtés, le responsable des lieux nous nargue en les balançant négligemment par‐dessus son épaule pour les envoyer en plein cœur de la cible.

Quand vient le moment de compter les points, Sarah triomphe. Je tente de garder la tête sur les épaules et d’assumer ma défaite avec pan(h)ache.

Le hangar n’a rien d’un lieu de compétition, il accueille principalement des fêtes d’anniversaires ou autre séances de “team building”. L’essentiel n’est donc pas de devenir maître.sse.s de hache, mais bien de s’amuser.

Par pitié, Sarah m’accorde un second, un troisième, puis un quatrième tour pour tenter de lui arriver à la cheville. Je tente de lui demander d’essayer de perdre, un peu. Sans succès.

Je finis par l’hacher prise.

En sortant je comprends d’où vient mon problème d’adaptation : en ces lieux on utilise une hache Thomas Hawk de 700g, et non une canadienne, lourde et massive — et on lance à quatre mètres, et non 26 mètres, comme le champion du monde.

Bilan : 57 € la cible pour une heure, pour une activité sympathique mais pas transcendante. On ressort donc fauchées (mais pas à la hache) et un peu frustrées de cette tentative de maîtrise des arts bûcherons.

Ça hache ou ça casse.